Les Amants de Teruel

La ville de Teruel célèbre le huitième centenaire de la mort de ses célèbres amants (1217 – 2017).

Teruel est une charmante petite ville au sud de l’Aragon, entre Saragosse et Valence. Elle fut le théâtre d’une féroce bataille de la guerre civile espagnole, entre décembre 1937 et février 1938) et fut alors fortement endommagée. Aujourd’hui, on flâne avec plaisir à l’ombre de ses rues moyenâgeuses, à la recherche des tours mudéjars qui fondent une partie de sa réputation touristique.L’autre attraction pour les touristes est l’évocation des amants de Teruel. Peu importe si la population est nettement plus âgée que la moyenne espagnole. Si vous avez un(e) amant(e) ou un(e) fiancé(e), vous devez vous rendre en pèlerinage à Teruel comme sur le Pont des Arts à Paris lorsqu’il était licite d’accrocher un cadenas en signe d’amour éternel.

Les sarcophages des Amants de Teruel

Pour exploiter ce filon, la région d’Aragon n’a pas été avare. Elle a investi, ni plus ni moins, dans un Mausolée des Amants où le visiteur peut voir leur sarcophage (et, enchâssées dans le sarcophage, leurs momies), prendre connaissance de leur triste histoire et se rendre compte de sa résonnance dans la littérature, la peinture et l’opéra en Espagne.

Voici donc leur histoire. Au début du treizième siècle vivaient à Teruel Juan Diego de Marcillac et Isabel de Segura, dont l’amitié précoce se convertit rapidement en amour. Le père d’Isabel refusa que Juan Diego épousât sa fille, car il était pauvre ; mais il lui donna un délai de cinq ans pour s’enrichir. Diego partit à la guerre, amassa des biens mais, hélas, arriva à Teruel le lendemain du délai fixé. Isabel avait été mariée à un homme fortuné de la ville.

La place du petit taureau, au centre de Teruel

Juan Diego alla chez Isabel et lui demanda un baiser, mais celle-ci refusa. Le jeune homme mourut de chagrin. Le jour de ses funérailles, Isabel donna à son cadavre le baiser qu’elle lui avait refusé de son vivant, et mourut soudainement.

On trouva en 1555 les momies des deux amants. Les sarcophages qui abritent leurs dépouilles ont été sculptés par Juan de Avalos en 1955. Les gisants des deux amants tentent de se donner la main, mais leurs mains ne parviennent pas à se toucher.

La tour mudéjar de la Miséricorde