Les Beaux Jours

Le film « les Beaux Jours » de Marion Vernoux raconte l’aventure amoureuse vécue par une femme qui se croyait hors d’âge pour des aventures.

 Le film a pour cadre Dunkerque, dont la longue plage marque une frontière. Des ferries entrent et sortent du port. Sur le sable, sur la promenade maritime, les habitants observent leur mouvement comme quelque chose qui ne les concerne pas. Eux touchent à une limite, mais restent en-deçà de la ligne.

Caroline (Fanny Ardant) se situe à une frontière dans sa vie. Sur un coup de tête, elle a décidé d’abandonner son cabinet de dentiste et de prendre sa retraite. Ses filles lui ont offert un « forfait découverte » aux Beaux Jours, un foyer d’accueil de retraités. Elle est d’abord révulsée par la perspective de ne rencontrer que des vieux et de meubler son temps d’activités de loisir organisé. « Du temps, je n’ai que cela », dit-elle. Elle est soudain frustrée de son statut social, de ses clients, d’une activité débordante.

 Mais voici qu’elle rencontre Julien (Laurent Lafitte), le professeur d’informatique des Beaux Jours. C’est le coup de foudre. Les limites que lui impose son amour pour Philippe (Patrick Chesnais), son mari depuis des dizaines d’années, père de ses filles et homme qu’elle aime profondément, ne tiennent pas. Son amant a l’âge de ses filles. Le scandale ne manquera pas d’éclater dans cette petite ville où tout le monde connait tout le monde. Peu importe, elle se livre corps et âme. Julien de son côté est un coureur de jupons. Mais il est captivé par cette femme pas comme les autres.

 La pyramide de mensonges que s’efforce d’entretenir Caroline ne tient pas. Philippe découvre la supercherie. Il souffre de la trahison de la femme avec qui il a fait sa vie, mais plus encore de son propre flétrissement, de son incapacité à la reconquérir. Julien a dit à Caroline qu’elle se rendrait compte elle-même, avant lui, de la fin de leur histoire. Surviendra-t-elle assez tôt ? Caroline et Philippe, au seuil de la vieillesse, ont-ils un avenir ensemble ?

 Je suis personnellement touché par cette belle histoire, car je fais l’expérience du passage à la retraite, de la soudaine décompression du temps. Un temps qui semble soudain immobile, mais qui glisse comme du sable entre les doigts. Un temps qui file, léger comme le vent, mais aussi lourd de vieillissement.

Le scénario est bien monté. Les acteurs jouent avec une grande sensibilité. Et Dunkerque constitue en décor idéal pour cette histoire de franchissement de frontières.

nny

Fanny Ardant et Laurent Lafitte dans Les Beaux Jours