Les pieds dans le tapis

Arte TV a récemment diffusé un délicieux film humoristique, « les pieds dans le tapis » de Nader Homayoum, entre Téhéran et Brive la Gaillarde.

L’entreprise de production et de commercialisation de tapis de la famille Farshtchi bat de l’aile. Les salariés, non payés depuis des mois, sont en grève pour réclamer, humblement, leur dû. Les clients chinois s’impatientent. Le fils du propriétaire, Mordeza (Babak Hamidian) fait ce qu’il peut en l’absence de son père, parti faire des bains de boue en Corée.

Lorsqu’un appel vient de France, Mordeza ne sait pas même quelle langue est parlée au téléphone ; il ne pratique que le mandarin. C’est sa mère Parvaneh (Goleb Adineh) qui, pendant une rencontre de leur famille avec celle du prétendant de sa fille, comprend ce qui se passe. Le patriarche n’était pas en Corée. Il vient de mourir à Brive la Gaillarde d’une attaque cardiaque.

Parvaneh et Mordeza partent à Brive récupérer le corps et accessoirement, savoir dans quelles conditions (entre les bras de qui) leur mari et père a expiré. Ils vont de surprise en surprise. Un employé municipal aussi stupide que zélé prétend que l’exportation d’un cadavre est susceptible de tomber sous le coup de l’embargo appliqué à l’encontre de la République islamique d’Iran.

Quant à l’enquête sur les circonstances de la mort, elle révèlera la présence fréquente du défunt à Brive la Gaillarde, une grande femme blonde d’une quarantaine d’années (Aurélia Petit), un centre pour adultes autistes. Elle permettra la rencontre entre Parvaneh et un veuf français (Michel Vuillermoz). L’interprète mandarin – français de Mordeza, Lin (Zhoer Zhu), lui administrera une leçon de d’égalité des sexes.

Dans cette comédie réjouissante, tout le monde se prend les pieds dans le tapis. Au moment où la révolte de la jeunesse populaire iranienne contre le régime met leur pays au premier plan de l’actualité, le film rappelle que l’Iran est un pays urbanisé, branché sur les réseaux sociaux et doué pour l’humour.