Les sirènes de Levanzo

Arte TV a récemment diffusé « Les sirènes de Levanzo » (« Sette giorni »), téléfilm de Rolando Colla (2016).

 Levanzo est une île au large de Trapani, à l’ouest de la Sicile. Un couple franco-italien l’a choisie pour célébrer son mariage. Les consentements seront échangés sur fond de chœurs siciliens, à bord de barques. Un banquet réunira invité et habitants de l’île sur la petite place du village. Les invités seront hébergés à l’hôtel, le couple passera sa nuit de noces dans le phare abandonné.

 Ivan (Bruno Todeschini), frère du marié, et Chiara (Alessia Barela), amie de la mariée, arrivent quelques jours avant le mariage pour tout préparer : l’hôtel et le phare sont inhabitables, il faut s’occuper du repas, de la musique et jusqu’aux dragées. Entre eux nait une passion amoureuse que le metteur en scène évoque avec pudeur : des mains qui se touchent au fond d’une piscine, des corps qui se frôlent lors d’une plongée en mer.

Ivan a plus de cinquante ans, et traîne derrière lui des vies de couple ratées. Il se méfie du coup de foudre qui mènerait à un nouvel échec. La relation avec Chiara doit s’arrêter lorsqu’arriveront les convives de la noce. Chiara a quarante ans, elle vit en couple, elle a une fille, dans le passé elle s’est débattue avec la drogue. L’amour brûlant d’Ivan met en question l’équilibre de sa vie.

 Est-il possible, au mitan d’une vie, de rencontrer l’homme ou la femme de cette vie ? Tout autour d’Ivan et de Chiara inspire solidité et continuité : les montagnes dorées baignées par les eaux turquoises de la Méditerranée ; les habitants du village, la plupart âgés, qui restent fidèles à leur couple malgré tout et se serrent les coudes pour résister au dépérissement de leur communauté.

 « Les sirènes de Levanzo » est présenté comme une comédie sentimentale. J’ai perçu ce téléfilm comme une méditation toute en finesse sur le temps qui passe et dans lequel, parfois, s’ouvre une brèche dans laquelle on peut, ou non, s’engouffrer.