Letchi

L’adoption d’un jeune chat est une expérience gratifiante qu’il faut aborder avec subtilité.

 Tout était programmé. Nous adopterions un petit chat après les turbulences de l’été, ce serait un chat de gouttière,  une femelle, elle s’appellerait Letchi, elle ne serait ni rousse ni noire. Une annonce sur « le bon coin » nous permet d’identifier la perle rare.

 Pour Letchi, l’affaire commence mal. Elle est pour la première fois enfermée en cage ; elle doit subir deux heures de voiture jusqu’à Carcans. Elle arrive dans une maison qu’elle ne connait pas, passe dans des bras qu’elle ne connait pas. Elle passe une nuit entière seule dans une chambre isolée.

Peu à peu, des consolations apparaissent : des croquettes à manger goulument, une litière propre, une balle de tennis accrochée à une ficelle, des meubles à escalader, des câlins interminables et ronronnants… En moins de 24 heures, Letchi a pris ses marques. Elle a exploré la maison de fond en comble, choisi ses lieux de prédilection et pris des habitudes. Elle utilise sa litière. Elle sait se faire comprendre lorsqu’elle a faim.

 L’apprivoisement n’est pas achevé. Il va falloir marquer des interdits, comme celui de sauter sur la plaque chauffante de la cuisine, et les faire respecter sans faire appel à la peur. Nous devrons lui donner accès au jardin au risque qu’elle se heurte aux chats du voisinage ou qu’elle se perde. Nous allons aussi l’emmener dans notre petit appartement de Bordeaux, où nous vivons la majeure partie du temps à partir d’octobre.

 Accueillir un jeune chat est source d’immenses satisfactions : l’animal est présent, joueur, affectueux. Mais il faut gérer finement l’apprentissage mutuel d’une relation respectueuse de ce qu’est un félin et de ce qu’est un humain.