Louer à Paris : le parcours du combattant

Nous avons consacré trois jours en mai à chercher un deux pièces à louer à Paris pour l’un de nos fils. Dans ce parcours du combattant, nous avons touché du doigt l’inégalité face au logement.  

La première journée fut consacrée à chercher sur Internet des annonces de deux pièces à louer non meublées dans les arrondissements de l’ouest de Paris, pour un budget maximum de 1.000 euros mensuels, charges comprises.

 Le premier logement visité présentait deux pièces principales propres et lumineuses ainsi qu’une grande cuisine. Mais la salle de bains était rédhibitoire : une cabine de douche, un lavabo de la taille d’un rince-doigts et, coincé entre douche et lavabo, une cuvette de WC que des lilliputiens auraient jugée minuscule. Dans un autre appartement, la cuisine partageait la même pièce que les WC. Ailleurs encore, les murs de la chambre étaient boursouflés par un dégât des eaux. La plupart des appartements visités étaient impropres à la location.

 Curieusement, tous se tenaient dans une fourchette de loyer comparable, quel que soit leur état et quel que soit leur quartier. Mais les disparités d’un quartier à l’autre sont considérables. Arpenter Paris dans tous les sens fait découvrir le gouffre qui sépare Auteuil, avec ses rues pimpantes et ses enfants bien sages conduits à l’école par leur nounou, et la Porte Clichy dont le bouillonnement est celui d’une capitale africaine.

 Au terme de trajets éreintants et de visites souvent décourageantes, nous jetons notre dévolu sur deux appartements. C’est alors que commence une seconde épreuve : attendre les résultats de l’étude du dossier. On peut avoir les moyens de payer le loyer, mais si un autre candidat locataire a un contrat de travail plus stable, un salaire plus élevé ou une caution plus solide, l’appartement convoité vous échappera.

 Chercher une location à Paris, c’est toucher du doigt l’extrême disparité du cadre de vie d’un quartier à l’autre. C’est aussi prendre conscience de ce que, si l’on n’a ni la nationalité française, la peau blanche, un salaire de cadre, le statut de fonctionnaire et une famille capable de présenter une caution solvable, on a peu chance de se loger dans le secteur immobilier concurrentiel.