Ma nuit chez Maud (suite)

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 Dans un précédent article j’ai souligné que le film « Ma nuit chez Maud » d’Eric Rohmer avait été marquant pour moi. TV5 vient de le diffuser en hommage au cinéaste disparu.

J’ai écrit l’article du 14 janvier sur la base de mes souvenirs. Je présentais le scénario comme l’histoire d’un fiancé tiraillé entre passion et fidélité. Il est en vérité plus ambigu et subtil. Le personnage joué par Jean-Louis Trintignant, jeune ingénieur chez Michelin, est attiré par une jeune femme blonde parmi les fidèles de la messe du dimanche. Lorsqu’il passe chez Maud la nuit de Noël, il ne lui a pas adressé la parole. C’est cette nuit d’intenses désir et frustration qui lui donne l’impulsion d’aborder Françoise.

Elle-même fervente catholique, Françoise sort meurtrie et culpabilisée d’une liaison tumultueuse avec un homme marié, marié avec Maud saurons-nous à la fin du film.

L’ombre de Blaise Pascal, que j’ai mentionné dans mon article « nuit », rôde sur Clermont Ferrand, ville noire ouverte sur le ciel. Faut-il parier sur l’existence de Dieu ? Ce pari implique-t-il de renoncer aux plaisirs ? La « vie chrétienne » est-elle une vie nouvelle ou un code moral générant la mauvaise conscience ?

(Photo du film « Ma nuit chez Maud »)