Ma nuit chez Maud

100112_ma_nuit_chez_maud2.1263283976.jpg

Le cinéaste Eric Rohmer, né en 1920, vient de mourir. « Ma nuit chez Maud » (1969) est pour moi un film marquant.

Dans Le Monde (13 janvier 2010), Jacques Mandelbaum en fait une critique magnifique. « Un homme (Jean-Louis Trintignant), moralement engagé avec une femme (Marie-Christine Barrault) en rencontre une autre (Françoise Fabian), pour laquelle il éprouve une irrésistible attirance. La longue nuit passée à ses côtés lui fera-t-elle trahir son serment? Sur le papier, voilà bien la tarte à la crème du dilemme amoureux. Chez Rohmer, cela donne un film hivernal et brûlant, dont l’effet de fascination naît du mélange d’austérité et de sensualité qui le caractérise. Aimantation pulsionnelle des corps et atermoiements de la morale conduisent à une sorte d’électrisation mentale, d’érotisation totale du langage. »

Tourné à Clermont Ferrand en hiver, le film est en effet construit sur l’antagonisme entre les principes moraux d’un jeune catholique pratiquant fidèle quoi qu’il en coûte à sa jeune fiancée et l’urgence irraisonnée de deux corps qui s’appellent l’un l’autre. La glace contre le feu. Une histoire éternelle, tournée de manière magistrale.

(Photo du film « Ma nuit chez Maud »)