Maubuisson à bicyclette

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Plus encore qu’un moyen de locomotion, la bicyclette est l’un des plaisirs des vacances à Maubuisson. Les textes ci-dessous ont été écrits au fil de promenades cyclistes ces dernières années.

Joie de pédaler par une belle après-midi fraîche et ensoleillée sur la piste de Lacanau qui sent bon le pin et la bruyère. Plaisir de rouler vite et sans fatigue excessive, de sentir son corps respirer à son rythme, de s’immerger dans l’Océan et se sécher sur le sable chaud. Emotion à croiser un couple à bicyclette. Il pédale, elle est assise sur le guidon face à la piste, son cou appuyé sur son épaule, joue contre joue.

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Sur la piste cyclable étroite de Lacanau à Carcans Océan, je me range pour laisser passer une famille. La mère de famille s’adresse à l’enfant d’une douzaine d’années qui ouvre la marche : « Antoine, dit merci au monsieur ! ». Derrière elle, un garçon plus jeune lui demande : « maman, pourquoi as-tu demandé à Antoine de dire merci ? » « Parce que le monsieur s’est rangé pour nous laisser passer ». Arrivé à ma hauteur, le petit garçon s’exclame triomphant : « merci Antoine ! ».

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Je roule à bicyclette sur la piste souvent défoncée de Bombannes à La Gracieuse, mettant pied à terre lorsque je ne peux éviter les trous. Il fait chaud, mais les ombrages et, par moment, un souffle d’air marin, rendent la promenade agréable.

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Après avoir dépassé les phares d’Hourtin, je me dirige vers l’Océan par la piste étroite qui débouche sur le pare-feu du Gemme. Les cigales font un bruit assourdissant. À mesure que j’approche de la dune, les effluves de pin le cèdent à une entêtante odeur de maquis, semblable à celle qui accompagne nos randonnées à La Réunion. La dune a le parfum de mon enfance : petit garçon à Stella-Plage, je m’imaginais conduire une 403 camionnette bâchée sur des routes balisées par les massifs d’oyats.

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J’ai fait réviser ma bicyclette et j’ai l’impression d’avancer facilement sur ma piste favorite, par l’étang de Cousseau, le Carrefour de Marmande et Carcans Plage. Alors que je marque une pause, j’avise une ravissante jeune femme. Elle est noire, a de longues jambes, porte un bermuda brun et un soutien-gorge rose et sa tête est coiffée d’un chapeau de paille à larges bords, rose lui aussi. Elle chevauche une bicyclette rouge. La silhouette élancée de la jeune femme, le contraste du rose sur la peau noire, l’élégance du chapeau dégagent un sentiment d’insolite beauté.

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Je vais à bicyclette me baigner à Hourtin plage, a 22 kilomètres de Maubuisson. Le temps est couvert. L’air est chargé de senteurs d’humus, de pins et d’embruns que le vent doux transporte et dont je me remplis les poumons. Une jeune biche traverse la route lentement, me toise et s’éloigne lorsque je m’arrête pour lui faire face. Près de la plage, je croise un jeune couple. Elle est installée inconfortablement sur le porte-bagages de sa bicyclette, tient une planche de surf de la main droite et s’accroche à sa taille par le bras gauche. Elle respire le bonheur. Je me plonge dans l’océan. Les vagues lavent mon corps couvert de sueur.

Photo « transhumances »