Maubuisson, Etang de Cousseau

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L’Etang de Cousseau est une réserve naturelle à 6 kilomètres de bicyclette de Maubuisson sur la piste qui mène à Lacanau Océan. Je reproduis ici des textes écrits ces dernières années.

Depuis quelques années, des travaux importants ont été entrepris pour rendre au marais l’aspect qu’il avait avant son assèchement aux dix-huitième et dix-neuvième siècles. Des bénévoles accueillent les touristes sur une plateforme d’observation où ils ont installé des longues-vues. Des quantités d’oiseaux vivent désormais sur le site, aigrettes, buses, cigognes, canards, etc. Il souffle sur l’étang un vent du nord qui fait lever des vaguelettes. Le clapotis sur le rivage et la lumière diffractée du soleil impriment leur rythme dans un silence enchanteur.

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Je reste immobile sur la rive de l’étang et laisse le silence s’installer en moi. Il a plu cette nuit, et l’atmosphère est chargée de senteurs de fougères. Les nuages forment un plafond gris et bas. La surface de l’eau semble un miroir presque parfait, percé ici et là de minuscules cercles concentriques. Quelques arbres se reflètent, comme écrasés par le ciel lourd. Au loin, l’océan bourdonne. Quelques oiseaux piaillent. On entend parfois un clapotis, un croassement, un battement d’aile. Dans la léthargie ambiante, l’activité frénétique d’un écureuil prend la dimension d’un vacarme.

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Je me promène au bord de l’étang. L’observatoire de la réserve naturelle est inutile aujourd’hui : aucun échassier ne survole les flots, aucun mammifère ne construit son nid au milieu des roseaux. Il n’y a rien à admirer, si ce n’est le reflet du soleil que les vaguelettes fragmentent en mille éclats. Tout est dans le toucher : la caresse du soleil sur ma peau, la brise qui l’effleure. Tout est dans l’ouïe : un clapotis, des oiseaux qui se répondent, le craquement de l’herbe froissée par le passage furtif d’un lézard, l’océan au loin, une tronçonneuse.

Photo « transhumances » : l’étang de Cousseau