On va s’aimer, on va danser, c’est la vie

Par une belle soirée d’août, sur le podium dressé sur la Place du Pôle de Maubuisson, le disc-jockey fait danser des centaines de vacanciers.

 La tonalité est donnée par le tube de l’été 2012, « on va s’aimer, on va danser, c’est la vie », de Khaled. C’est une explosion de bonheur partagé, chanté en deux langues, le français et l’arabe. Les vacanciers viennent de toute la France, d’Allemagne, de Grande Bretagne, d’Italie, mais il n’y a plus ce soir de frontières. Le rythme, la mélodie, les instruments, les voix habitent les corps et les mettent en mouvement, bras dressés vers le ciel comme un défi ou une prière. Oui, la musique réalise ce prodige : ce soir, on va s’aimer, on va danser, c’est la vie !

 Ce qui caractérise ce bal à ciel ouvert, c’est la diversité. Tous les âges sont représentés : celui des grands parents, qui aiment le rock’n’roll, celui des parents élevés à l’âge du disco, celui des adolescents que fait vibrer la musique électronique, celui des petits enfants qui tournent, sautent, virent ivres de musique et de fatigue.

 C’est aussi une ferveur communicative. Le disc-jockey passe une musique folk américaine, et une longue allée couverte s’organise : deux rangées de danseurs se font face en se tenant les mains levées, et le dernier couple s’enfile sous les mains tendues jusqu’à atteindre le bout du tunnel et reprendre sa position, les bras en ogive, pour laisser passer le couple suivant. Sur des morceaux plus récents, des dizaines de danseurs se mettent spontanément en ligne et effectuent des mouvements compliqués, en avant, en arrière, sur le côté, et virevoltent de manière parfaitement synchrone. Ils ne se connaissent pas, mais la musique les fusionne, l’espace de quelques minutes, en une communauté.

 Comme chaque année, un groupe de tétraplégiques est présent Place du Pôle. On sent que la musique les fait vibrer. Leurs mouvements sont parfois minimes ou désordonnés. On sent à la fois une profonde souffrance de ne pouvoir être totalement de la fête et une joie immense de n’en être pas privé. Les moniteurs et monitrices dansent avec les filles et les garçons en fauteuil : leur geste est à la fois pathétique et intensément humain. Une monitrice va de l’un à l’autre au rythme de la musique, d’une manière si gracieuse qu’elle semble flotter en apesanteur. On va s’aimer, on va danser, c’est la vie…

Photo de première page : Isabelle Carré dans le film « Le Refuge »

Mégamusic à Carcans

Mégamusic à Carcans