Pandora

Arte TV a récemment diffusé « Pandora », film d’Albert Lewin (1951), avec dans les rôles principaux Ava Gardner et James Manson.

Le film a été restauré et numérisé l’an dernier, ce qui donne aux spectateurs de ce classique du cinéma les conditions de confort d’un film récemment sorti en salle. Le jeu des acteurs, les décors et la bande sonore sont datés, mais regarder un film de Bollywood d’aujourd’hui ne donne-t-il pas aussi un sentiment de décalage ?

Le film se déroule dans un village au bord de la mer sur la Costa Brava. Une femme, Pandora (Ava Gardner) capte tous les regards telle une divinité grecque. Un pilote de course, Stephen Cameron, va jusqu’à précipiter son bolide du haut d’une falaise pour lui prouver son amour. Un matador, Juan Montero, brave la mort dans l’arène pour la conquérir et est prêt à tuer pour se débarrasser d’un rival.

Pandora est fascinée par un yacht qui mouille au large. Elle s’y rend de nuit à la nage. Personne à bord, sinon un homme qui peint un portrait. Et le visage de la femme représentée dans le tableau, parmi des vestiges antiques, c’est le sien. L’homme se présente comme un Hollandais du nom de Hendrik van der Zee (James Manson).

Capitaine de ce vaisseau fantôme, Hendrik est fou amoureux de Pandora. Mais il tente d’échapper à cette relation. Il est ce Hollandais volant qui, selon la légende, est condamné à ne jamais mourir et à errer éternellement, à bord de son navire sans équipage. Tous les sept ans, il est autorisé à débarquer à terre. Si une femme l’aime au point de mourir pour lui, alors il sera libéré de sa vie infernale et aura droit, comme tous les humains, au repos éternel.

Pandora découvre que de toute éternité, le Hollandais volant est l’homme prédestiné à elle. Ses fiançailles avec Cameron, la cour effrénée que lui fait Montero n’y peuvent rien. Elle est liée à Hendrik à la vie et à la mort.

« Pandora » est un film magnifique, sublimé par Ava Gardner, l’idéal féminin du milieu du vingtième siècle. Chaque plan est remarquablement cadré et éclairé par Jack Cardiff, directeur de la photographie. Il plane sur le film une ambiance de mystère. Lorsqu’au moment de la mise à mort, le matador découvre que l’homme qu’il a cru assassiner au poignard la veille, le Hollandais volant, vient s’assoir dans les tribunes de l’arène, il est si stupéfait qu’il ne peut résister à la charge du taureau. La mort change de camp.