Permis de tuer

Le premier commandement du Décalogue – tu ne tueras pas – est sérieusement malmené.

Une dépêche AFP du 8 août informe que « le président philippin, Rodrigo Duarte, a accusé plus de 160 juges, policiers et militaires d’être impliqués dans des affaires de stupéfiants. Il a demandé dimanche 7 août que leurs gardes du corps et leurs permis de port d’arme leur soient retirés. Depuis son élection début mai, plus de 600 personnes accusées de liens avec les trafiquants ont été tuées. »

À Quetta (Pakistan), près de 70 personnes ont été tuées et 120 blessées le lendemain, dans un attentat suicide au milieu d’une foule en deuil venue saluer la mémoire de Bilal Anouar Kasi, bâtonnier de la ville, défenseur des droits. Celui-ci avait été assassiné le matin même.

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En Europe, Daech revendique d’avance les meurtres qui pourraient être commis en son nom. L’organisation terroriste incite des esprits malades et suicidaires à s’affranchir de la morale et à commettre des assassinats tranquillement, en ayant la conviction d’accomplir ainsi une action « juste et bonne ».

La délivrance de permis de tuer par des autorités n’est pas nouvelle. Il y a cent ans, sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, elle a provoqué des hécatombes. Il peut y avoir débat sur la légitimité de la guerre dans le cadre de l’état de droit, national et international. Mais un crime reste un crime.