Question d’âge

La période estivale amène plusieurs générations à se côtoyer. Au bout de nos doigts file le temps.

 Notre maison de Maubuisson. Des bébés qui font leurs premiers pas. Des petites filles de trois et quatre ans qui se vivent déjà comme des grandes. Des trentenaires lancés dans la vie, avec enfants ou pas encore. Une « Manou » et un « Papoum ». Une « Grand-maman » de quatre-vingt-quatorze ans.

 Je suis né dans la première moitié du siècle dernier. La seconde guerre mondiale me semble appartenir à l’histoire lointaine, au même titre que Jules César ou Trafalgar. Pourtant quatre ans seulement séparent la chute de Berlin de ma venue au monde. Il y a quatre ans, Hollande était président de la France et Obama des États-Unis : c’est très loin, c’est très proche.

 J’ai soixante et onze ans. J’aime revoir les films que j’ai aimés. Les actrices et acteurs qui les ont illuminés ne sont souvent plus là : Marie Laforêt et Michel Piccoli, pour citer ceux qui sont récemment décédés.

Je me suis constitué mon Panthéon personnel, fait d’êtres remarquables mais inconnus, qui m’ont permis de devenir qui je suis. Pardon posthume à ceux que j’aurai oubliés, voici ceux qui me viennent aujourd’hui en mémoire : Alain Maurin, Bernard Rolland,  François Marc, François Regnault, Jacques Chatagner, Jacques Sarrand, Jean Denecker, Jeanne-Marie Allain, Michel Clévenot, Pierre Gambet, Pierre Rémy, Serge Guillemet, Sylvette Visery, Umberto Cena, J’espère un jour écrire pour eux.

 Question d’âge. Le service national de santé m’a sauvé la vie trois fois dans mon existence, en 1982, 2014 et 2018 : merci ! Qu’il est bon de voir grandir ceux qu’on aime et d’être charrié dans le grand torrent de la vie.