Résilience d’un cerisier

Notre cerisier a souffert de l’incendie qui a dévasté le chalet de notre jardin de Maubuisson. Mais des jeunes pousses apparaissent sur le tronc calciné, ouvrant la possibilité de fleurs et de fruits futurs.

 Le cerisier était un souvenir de notre souvenir en Espagne. A la limite de la Castille et de l’Estrémadure, la vallée du Jerte se couvre de blanc au début avril : des milliers de cerisiers fleurissent simultanément. Notre arbre, tout jeune, était l’un d’eux. Nous l’avons planté au printemps 2005 dans notre jardin. Il a grandi malgré le sol sableux et l’ombre d’un grand pin.

 En décembre 2012, le chalet proche du cerisier a été ravagé par un violent incendie. En apparence, rien n’avait changé. Mais au printemps 2013 aucun bourgeon n’est apparu : les branches avaient été tuées par l’onde de chaleur. Nous les avons émondées. Quatre jeunes pousses pouvaient se remarquer au flanc du tronc. Quelques semaines plus tard, on discerne ce qui pourrait bien constituer le point de renaissance de l’arbre.

 La sève fraie son chemin dans le tronc torturé. La vie s’impose dans un environnement de mort. Les jeunes branches ne résisteront peut-être pas à la sécheresse de l’été ou aux gels de l’hiver. Des dangers les menacent. Mais la résilience du cerisier est une magnifique parabole de la force vitale.

 A l’Ile de la Réunion, je suis toujours émerveillé par la résurgence de la végétation dans le paysage purement minéral des coulées du volcan de la Fournaise. Peu d’années après que le paysage a été ravagé par un fleuve de feu, des plantes isolées surgissent de la roche noire. Elles apportent une touche de couleur, et surtout la promesse que la vie prévaudra.

Surgissement de la vie dans une coulée volcanique à La Réunion

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