Retour chez ma mère

« Retour chez ma mère », film d’Éric Lavaine avec Josiane Balasko et Alexandra Lamy dans les rôles principaux, est une comédie bien enlevée. Il est construit sur un thème éternel, la famille, placé dans un contexte très actuel, celui d’adultes obligés par les circonstances de revenir habiter chez leurs parents.

Stéphanie (Alexandra Lamy) a tout perdu dans la faillite du cabinet d’architecture dont elle était gérante. Elle trouve refuge chez sa mère Jacqueline (Josiane Balasko). Celle-ci accueille à bras ouverts sa petite fille chérie. Mais elle peine à la considérer comme une adulte : « ne fais pas ceci ou cela ! », « d’où viens-tu ? »… Et sa vie est trop bien réglée pour laisser de l’espace à Stéphanie : l’appartement est surchauffé, le café imbuvable, le chat intrusif ; et Stéphanie aurait envie de tuer la « petite Marie » de Cabrel, dont le CD passe en boucle toute la journée, repris à pleins poumons par Jacqueline.

La présence de Stéphanie complique aussi la vie de sa mère. C’est que celle-ci file le grand amour avec Jean (Didier Flamand), qui habite l’appartement au-dessus du sien. Jacqueline tait cette relation. C’est en secret qu’elle rejoint son amant. Les « absences » de sa mère semblent suspectes à Stéphanie. Lorsque sa sœur Carole (Mathilde Seigner) et son frère Nicolas (Philippe Lefebvre) la rejoignent pour un déjeuner de famille, elle partage ses doutes : Jacqueline serait atteinte de la maladie d’Alzheimer.

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La fratrie se déteste : le déjeuner se passe dans la pur tradition d’un « Air de Famille » ou du « Prénom », à base de méchanceté et de malentendus. Le soufflé picard mitonné par Jacqueline a tôt fait de se transformé en surgelé Picard réchauffé au four à micro-ondes.

Le happy end (Stéphanie retrouve son argent, sœurs et frère se réconcilient) est trop hâtif et trop beau pour être vrai. Mais le spectateur a passé un bon moment.

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