Sage femme

Dans « Sage Femme », Martin Provost met face à face les deux Catherine du cinéma français : Deneuve et Frot.

Claire (Catherine Frot) est sage-femme dans une petite maternité de Mantes la Jolie. Elle mène une vie bien rangée, tout entière animée par les joies que lui procure son travail, aider à la mise au monde de petits humains. Elle occupe ses loisirs à entretenir un jardin potager et floral en bord de rivière. Mais sa vie bascule : son fils Simon se met en ménage avec Lucie, enceinte ; la maternité va fermer et elle ne se résout pas à aller travailler dans une usine à naissances.Béatrice (Catherine Deneuve) a été l’amante du père du Claire. Lorsqu’elle l’a quitté, il y a trente ans, celui-ci s’est donné la mort. Béatrice se sait atteinte d’un cancer fatal. Son temps de vie est compté. Elle débarque dans la vie de Claire, parce que le père de celle-ci est le seul homme qu’elle ait vraiment aimé.

Le contact de Claire est Béatrice est glacial. Claire reproche à Béatrice d’avoir tué son père. Béatrice, qui aime le vin, l’argent et le jeu, ne comprend pas le style de vie austère jusqu’à la tristesse de Claire.

Le film montre le chemin parcouru en quelques semaines par Claire, qui va peu à peu lâcher prise, laisser Paul (Olivier Gourmet), un conducteur de poids-lourds, entrer dans sa vie et abandonner le métier qu’elle adore, sage-femme, pour devenir simplement une sage femme.

Quant à Bénédicte, elle laisse tomber le masque. Elle se présentait comme une princesse russe conquérante briseuse de cœurs. Elle se met à nu comme la fille non désirée de concierges parisiens, maintenant terrifiée par l’approche de la mort, suppliant l’aide de celle dont elle fait implicitement sa fille adoptive.

Claire accouchera Bénédicte de sa mort, comme elle accoucha de son bébé une jeune femme il y a vingt-huit ans, sauvant le bébé de la mort en lui donnant son propre sang.

« Sage Femme » souffre parfois de longueurs et d’un excès de bons sentiments. Mais l’antagonisme entre l’irruption de la vie par l’accouchement et l’approche de la mort est fécond et rend ce film attachant.