Splendide isolement

La municipalité de Bishops Stortford, gérée par les Conservateurs, vient d’écrire aux maires de Villiers sur Marne, en France, et Friedberg, en Allemagne, pour mettre fin au jumelage avec leurs communes.

 Officiellement, ce n’est pas l’euroscepticisme qui guide cette mesure, mais un manque d’intérêt. Il est vrai que je le constate dans ma commune, Watford, située comme Bishops Stortford dans le Hertfordshire mais gérée par les Libéraux : bien que jumelée avec pas moins de cinq communes, dont Nanterre (France) et Mayence (Allemagne), aucune activité n’a été enregistrée depuis 2009 à ce titre.

 Il reste que le manque d’intérêt va de pair avec une croissante défiance à l’égard du continent et la tentation du retour à un splendide isolement. Les jumelages se sont développés après la seconde guerre mondiale, le plus emblématique d’entre eux étant celui de Coventry avec Dresde et Stalingrad. La dynamique semble maintenant inversée.

 Interrogé par Luke Harding, journaliste au Guardian, Michael Keller, maire de Friedberg, dit qu’il n’était pas surpris. « Le jumelage commença pour nous en 1965. Ceux qui s’y impliquèrent avaient fait personnellement l’expérience de la catastrophe de la seconde guerre mondiale. Ce n’est plus aussi pertinent aujourd’hui. Le monde a changé. Je soupçonne que l’euroscepticisme anglais a joué aussi un rôle. J’aurais préféré que nous mettions fin au jumelage par une grande fête plutôt que simplement par une lettre ».

 Les édiles de Bishops Stortford n’ont visiblement pas la largeur de vue et l’humour de leurs collègues de Friedberg. Aux jeux olympiques de la mesquinerie, ils auraient leurs chances.

 Photo « The Guardian »