Trois panneaux publicitaires à Ebbing, Missouri

Avec « 3 Billboards : les panneaux de la vengeance », Martin McDonagh réalise un film intense et plein de rebondissements.

Milfred Hayes (Frances McDormand) a une obsession en tête : que la police retrouve et tue l’homme qui a violé et tué sa fille. On comprendra que dans son désir de vengeance entre une bonne part de culpabilité : si elle lui avait prêté sa voiture le soir fatal, elle n’aurait pas fait le chemin à pied, elle ne serait pas morte.

Trois panneaux publicitaires le long de la route peu fréquentée qui mène à sa maison lui fournissent l’instrument de sa vengeance : des affiches mettant en cause l’inaction de la police, et en particulier de son chef, Bill Willoughly (Woody Harrelson).

Les affiches accusatrices de Milfred divisent la petite ville d’Ebbing, charmante bourgade dans un paysage de montagne rappelant les Vosges ou le Massif Central. Au poste de police, les agents sont outrés par l’insulte faite à leur chef, d’autant plus qu’il est atteint d’un cancer et qu’il n’en a plus que pour quelques mois à vivre. Jason Dixon (Sam Rockwell) est de ceux-là. Il a la réputation de torturer des noirs. Il est prêt à user de la manière forte.

 

Un engrenage de la vengeance se met en place. Le problème, c’est que ceux qui commettent des actes de vengeance, ceux qui incendient au sens propre et au sens figuré, se trompent de cible.

Le problème surtout, c’est que la cible des affiches de Milfred Hayes, Bill Willoughly, n’entre pas dans la logique de la vengeance. Ce qu’il cherche, c’est de finir sa vie en beauté, avec un message d’apaisement adressé personnellement à chacun des acteurs du drame.

Tout est remarquable dans ce film : le jeu des acteurs ; un scénario qui emmène le spectateur de rebondissement en rebondissement ; l’alternance du rire et des larmes. « 3 Billboards : les panneaux de la vengeance » est recommandable.