Un beau soleil intérieur

Dans « un beau soleil intérieur », Claire Denis met en scène une femme d’une cinquantaine d’années, interprétée par Juliette Binoche, qui cherche désespérément l’amour de sa vie.

Isabelle (Juliette Binoche) est femme, quinquagénaire, divorcée, mère d’une fillette de dix ans. Elle est aussi peintre. Elle vit dans un monde parisien d’artistes convaincus de leur supériorité sur les autres humains.

Isabelle est surtout femme, quinquagénaire et divorcée. Elle n’a pas vraiment de problème d’argent ou d’éducation de sa fille, ou de réussite professionnelle. Ce qui la trouble en permanence, c’est son insupportable solitude. C’est la recherche de l’amour de sa vie : un homme qui l’aimerait vraiment, physiquement et sentimentalement. Et aussi, qui appartiendrait à son propre monde.

Ce qui est attachant chez Isabelle, c’est que, de déception en déception, elle ne baisse jamais les bras. Qu’elle tombe sur un banquier salaud ou un acteur inconsistant, qu’elle retombe dans les bras de son ex-mari, elle sait que cela va mal finir. Elle sait aussi que cela recommencera, qu’elle n’arrivera pas à s’en défaire.

Il y a dans ce film des scènes intéressantes. Isabelle se trouve un soir dans la voiture de l’acteur inconsistant à la porte de son immeuble. L’un et l’autre ne trouvent pas les mots. La scène s’éternise : quel est ton désir ? Je ne sais pas, quel est le tien ? Autre scène : Isabelle finit par se confier à un médium, joué par Gérard Depardieu. Celui-ci lui prédit un avenir fait de rencontres, de séparations, de retrouvailles à en donner le vertige : exactement ce qu’elle vit depuis des mois ou des années.

Certains critiques louent cette comédie et disent avoir beaucoup ri. J’ai pour ma part trouvé ce film pesant. La névrose d’Isabelle est en grande partie celle de son milieu. Ce n’est pas le mien. Il reste la personnalité de Juliette Binoche, sa beauté, sa grâce à se mouvoir, la tristesse de la voir pleurer.