Un mouton nommé Elvis

Arte TV a récemment diffusé un agréable téléfilm allemand : « un mouton nommé Elvis », réalisé en 2015 par Johannes Fabrick.

 Les premières minutes du film nous présentent en parallèle deux concerts : celui que donne Jakob (Wotan Wilke Möring) en imitateur d’Elvis Presley dans un Ehpad ; et le premier concert comme violoncelliste solo de Mai (Sofia Bolotina) sous les yeux admiratifs de sa mère Julia, une cantatrice diva (Julia Koschitz).

 Mai a douze ans. Lorsque sa mère lui annonce qu’elle a un nouveau compagnon et que celui-ci va emménager avec ses enfants, elle lui oppose un refus ferme et précis. Puisqu’elle est censée avoir un père, elle ira vivre chez lui.

 Le problème est que Jakob, géniteur de Mai sans le savoir, n’a rien du père que celle-ci imagine. Sans cesse sans le sou, considéré comme un bon à rien par son père – comme par Julia – il doit accepter n’importe quel travail dès lors qu’il lui permette d’éviter de retourner vivre, à trente-cinq ans, chez papa et maman.

 N’importe quel travail : ce sera le transport, dans une camionnette aussi déglinguée que lui-même, d’un bélier étalon entre un élevage de la région de Hambourg et une île de Norvège, 1000 km à parcourir par le Danemark et la Suède. Et voici Mai et Jakob embarqués, bien malgré eux, dans une aventure : Mai pour échapper à l’enfer redouté d’une famille recomposée ; Jakob pour sortir le plus tôt possible de la corvée qu’il a acceptée.

On le devine : le binôme père-fille manque plusieurs fois de sombrer. Mais il se fortifie d’étape en étape, sous le regard d’un mouton qu’amadoue la musique d’Elvis et que ressuscite un litre de Coca-cola. Jakob découvre en sa fille une personnalité plus mûre que l’adolescent attardé qu’il est resté ; Mai se rend compte que son père lui a manqué, et que Jakob est ce papa auprès de qui elle se sent bien.

 « Un mouton nommé Elvis » est un « feel-good road movie ». Pétri d’humour, il joue sans scrupule sur le registre des bons sentiments. Il promène le spectateur dans des paysages magnifiques jusqu’à contempler une aurore boréale. Un divertissement recommandable dans l’après-confinement.