Un plus une

« Un plus une », le nouveau film de Claude Lelouch, offre au spectateur un bon moment de cinéma romantique.

Il était difficile, pendant la semaine précédant la sortie de « Un plus une », d’échapper à Claude Lelouch, Jean Dujardin ou Elsa Zylberstein sur les chaînes de radio ou de télévision. La promotion du film a été bien faite, et le spectateur n’est pas déçu.

Antoine Abellard (Jean Dujardin) est un compositeur célèbre. Il vient en Inde pour enregistrer une musique de film. Reçu en grande pompe à l’ambassade de France, il est placé lors d’un banquet à la droite de l’épouse de l’ambassadeur, Anna Hamon (Elsa Zylberstein). Tout semble les opposer : il est drôle, léger, papillonnant, moqueur, matérialiste. Elle s’enracine dans la spiritualité orientale et prend très à sérieux son rôle d’épouse de diplomate.

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Toutefois, une blessure mettra Antoine et Anna ensemble dans les trains indiens. Elle est stérile. Sur la route de la fertilité, elle va à Bénarès s’immerger dans le Gange, puis dans le sud de l’Inde rencontrer Amma, une femme gourou dont la religion est l’amour. Il souffre de maux de tête tels qu’il redoute qu’on lui diagnostique une maladie fatale. Anna aime son mari, Samuel (Christophe Lambert). Antoine est épris de sa fiancée, la pianiste virtuose Alice Hanel (Alice Pol). Mais l’amour ne demande pas de licence pour s’inviter.

Le film de Lelouch porte sa marque de fabrique : les flash-backs, les questions sur la filiation, l’usage de la musique symphonique (de Francis Lai), la veine romantique. Le spectateur se laisse prendre et passe un excellent moment.

Plusieurs scènes sont mémorables : le dîner officiel dans lequel Antoine et Anna se livrent à un improbable jeu de séduction, chacun s’appliquant dans son personnage antagonique ; le moment où, dans un compartiment de chemin de fer, ils échangent leurs rôles et s’imitent l’un l’autre ; les taquineries d’Antoine avec les passagers indiens d’un autocar ou d’un train ; la scène dans laquelle Antoine et Elsa découvrent qu’ils sont allés trop loin et qu’il n’y a plus de recul possible (« et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »).

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