Un village presque parfait

« Un village presque parfait », film de Stéphane Meunier, est une agréable comédie sur fond de désertification rurale.

 Saint Loin la Mauderne est un joli village des Pyrénées. Il y a quelques années, l’usine de conservation de saumon qui donnait de l’emploi à ses habitants a fermé suite à l’empoisonnement de la rivière par une usine de cellulose, qui a elle-même fermé. La seule ressource, c’est le RSA, que l’on va percevoir à l’agence postale, elle-même menacée. Le seul espoir, c’est une subvention de Bruxelles pour convertir l’ancienne fabrique et relancer une activité.

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L’âme du projet, c’est le maire du village, Germain (Didier Bourdon). Puisque Bruxelles (dont le seul nom est copieusement hué dans les assemblées tenues dans l’église) pose comme condition à son soutien l’engagement d’un médecin pour cinq ans, on écrit à tous les médecins de France pour les inviter à découvrir le (presque) plus beau village de France.

 Un seul mord à l’hameçon : Maxime (Lorànt Deutsch), chirurgien esthétique dans une très chique clinique parisienne, exaspéré par les embouteillages et privé de son permis de conduire. Sous l’impulsion de Germain, on crée avec ardeur l’illusion du village dont Maxime pourrait rêver. Sachant sa passion pour le cricket, on transforme le terrain de rugby. On espionne ses conversations téléphoniques pour aller au-devant de ses désirs.

 Le miroir aux alouettes fonctionne. Mais le réveil est brutal lorsque Maxime découvre qu’il a été berné depuis le premier jour. Mais comme dans toute bonne comédie, « le village presque parfait » sera le théâtre d’un ultime rebondissement.

 Ce film est loin d’être un chef d’œuvre, mais on y rit de bon cœur. Le duo que forment le maire aussi péquenot que roublard et convainquant, et le jeune médecin, parisien jusqu’au bout des ongles, effaré par la vie rurale et naïf jusqu’à la moelle, fonctionne efficacement. Une brochette de bons acteurs soutiennent l’intérêt pour le film, en particulier Lionel Astier, Denis Podalydès, Élie Semoun et Carmen Maura.

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