Une ministre démissionne pour Gaza

Une ministre démissionne pour Gaza. Cela ne se passe pas en France, mais en Grande-Bretagne. Son nom : Sayeeda Warsi.

 Sayeeda Warsi était ministre (on dirait en France « secrétaire d’Etat ») auprès du secrétaire au Foreign Office (on dirait en France « ministre des Affaires Etrangères »). Elle était chargée en particulier des relations avec les Nations Unies, la Cour Criminelle internationale et les Droits Humains. Elle a démissionné le 5 août.

Sayeeda Warsi avec David Cameron

Sayeeda Warsi avec David Cameron

Elle considère que la politique suivie en ce qui concerne le processus de paix au Moyen-Orient en général, et plus récemment l’approche et le langage du gouvernement britannique pendant la crise à Gaza est indéfendable moralement, n’est pas dans l’intérêt de la Grande-Bretagne et nuira à long terme à la réputation du pays, internationalement et dans ses frontières. Si la politique est l’art de concilier passion et idéalisme avec pragmatisme et réalisme, elle ne se sentait plus à l’aise avec une politique trop favorable à Israël et opposée, selon elle, aux valeurs auxquelles elle croit.

 Fille d’immigrés pakistanais installés dans le nord de l’Angleterre, Sayeeda Warsi était un alibi populaire pour David Cameron, dont le gouvernement est largement constitué de ministres issus de la haute bourgeoisie formés à Eton (collège et lycée privé particulièrement sélectif, situé près de Windsor). Elle eut dans le parti conservateur une ascension fulgurante, semblable à celle de Rachida Dati dans l’UMP française. Sa démission accuse encore davantage le caractère de classe de l’équipe au pouvoir.

 La démission de Warsi suit le départ du Foreign Office de William Hague. Celui-ci encourageait sa ministre à prendre des positions en pointe contre l’antisémitisme et l’islamophobie et en faveur de la liberté religieuse menacée par la persécution des chrétiens d’Irak. Selon la ministre démissionnaire, le successeur de William Hague, Philip Hammond, montre moins de sensibilité aux droits humains.

Au sein du gouvernement britannique, le parti libéral-démocrate s’est prononcé en faveur d’un embargo sur les exportations d’armes à destination d’Israël.