VatiLeaks

 

Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat et Cardinal Camerlingue. Photo La Croix.

La presse se fait l’écho des fuites de courriers confidentiels du pape Benoît XVI, probablement dans le cadre d’une tentative de déstabilisation du Secrétaire d’Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

 Le pape a nommé Tarcisio Bertone Secrétaire d’Etat, l’équivalent d’un premier ministre, en 2006 peu après son accession au pontificat. Il entendait qu’un homme de confiance gère la bureaucratie vaticane, lui laissant ainsi le loisir de se concentrer sur les questions doctrinales.

 Visiblement, le binôme à la tête de l’Eglise Catholique est dysfonctionnel. Le Vatican est traversé par des luttes de clans pour le pouvoir, dans lesquelles l’argent joue un rôle capital. La bureaucratie vaticane, loin d’unir ses forces pour servir les objectifs de l’Eglise, se divise contre elle-même.

 C’est probablement le principe même d’une division des tâches entre gouvernement et doctrine, reflétant l’opposition du matériel et du spirituel ou de l’impur et du pur, qui est en cause.

 Le spirituel est-il étranger aux corps, ceux des individus comme des sociétés ? Gouverner de manière autoritaire, machiste et opaque n’aurait-il aucune portée spirituelle ? Si au contraire on se prenait à rêver, encourager la prise de parole et l’initiative des croyants les plus humbles, obliger les clercs à rendre compte de leurs actes, placer les femmes à égalité de droits avec les hommes, tout cela  ne serait-il pas porteur d’un message évangélique ?