Venise peinte par Turner

Dans l’une des salles consacrées à Turner à la Tate Britain, un tableau m’a captivé : Venise vue des marches de l’hôtel Europa, exposé pour la première fois en 1842.

 « Venise a sûrement été construite pour être peinte par… Turner », écrivait John Ruskin. On reconnait dans ce tableau de 1842 la Douane de Mer, Saint Georges, et les « zitelle » (La Salute et La Presentazione). Cette image restitue de manière magique l’esprit de la ville de la lagune. Venise est esprit, vapeur, brume. Venise est canal, ondulation, reflets. Venise est opulence, culture, renaissance.

 Le tableau de Turner est fortement structuré. Pourtant, on ne discerne pas de rivages. Palais et églises appartiennent au monde de l’air et de la mer, aucune rive ne les sépare. Ce qui structure la représentation, c’est la lumière. C’est bien la Venise que nous connaissons, mais transfigurée en une cité immatérielle, onirique et lumineuse.

 Illustration : « The Dogano, San Giorgio, Clitella from the steps of the Europa », Joseph Mallard Turner, 1842.