Vénus Beauté (Institut)

En hommage à la réalisatrice Tonie Marshall, décédée le 12 mars dernier, Arte TV a récemment diffusé « Vénus Beauté (Institut) », film qu’elle a réalisé en 1999.

« Vénus Beauté (Institut) » a reçu en 2000 de nombreux César : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario (Tonie Marshall), meilleur espoir féminin (Audrey Tautou).

L’Institut Vénus Beauté est dirigé Nadine (Bulle Ogier) qui connait son métier d’esthéticienne sur le bout des doigts et sait susciter la fidélité de ses clientes en faisant de son salon un lieu où l’on peut se confier. Nadine a trois employées : Samantha (Mathilde Seigner), dont le parler est populaire et direct ; Marie (Audrey Tautou) dont la relation avec un vieil homme riche et âgé (Robert Hossein) frise la prostitution ; et Angèle (Nathalie Baye).

Angèle drague activement les hommes, pour se divertir et pour le sexe : tous des « nases », lui dit Samantha. En vérité, elle a peur de l’amour : peur de ne pas tenir la distance, peur d’être larguée, peur de souffrir.

Aussi quand Antoine (Samuel Le Bihan) lui dit qu’il l’a aimée au premier regard et qu’il a su, dès qu’il l’a vue sur un quai de gare, qu’elle serait la femme de sa vie, Angèle panique. Commence entre Angèle et Antoine une partie de cache-cache dans laquelle désirs, préjugés et craintes rendent la rencontre amoureuse problématique.

Tonie Marshall a su, dans ce film, faire pénétrer dans le lieu clos du salon de beauté, qui offre aux clientes l’espoir ou l’illusion de la jeunesse et de la séduction. Un lieu de vie pour quatre femmes très différentes l’une de l’autre mais qui font communauté. Un lieu où s’échangent à mi-voix les confidences les plus intimes.

L’ouverture et la fermeture de la porte du salon sont accompagnées d’un jingle qui rythme le film et lui donne une tonalité irréelle, presque comique. Le spectateur passe un bon moment.

Tonie Marshall