Virage sécuritaire

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L’été 2010 a été marqué le discours de Grenoble du Président de la République associant l’insécurité à l’immigration.

Le ministre de l’immigration Eric Besson vient d’annoncer de nouvelles dispositions législatives pour faciliter les expulsions et les déchéances de la nationalité française.

Invité comme expert à l’Université d’été de l’UMP, le politologue Pascal Perrineau estime dans Le Monde du 31 août que « dans toutes les forces politiques qui ont vocation à gouverner, il faut une division du travail idéologique (…) et c’est finalement assez sain que chacun parle à son électorat de référence. » Il souligne toutefois la nécessité de « ne pas dépasser une ligne rouge où (des positions sur la sécurité) aboutissent à l’intolérance, ou à une démarche qui favorise l’exclusion, la xénophobie.»

La stigmatisation d’une partie de la population a été fortement dénoncée par les Eglises. On peut aussi se demander si le virage sécuritaire est un bon calcul politique. La présidence de Valéry Giscard d’Estaing avait commencé en 1974 sous le signe de l’ouverture et des libertés. Le 18 février 1976, le journaliste Roger Gicquel ouvrait le journal télévisé par son fameux « la France a peur ». Le 28 juillet de la même année, Christian Ranucci était guillotiné après que le Président de la République lui eut refusé sa grâce. Ce dernier perdit la présidentielle en mai 1981. Le nouvel élu, François Mitterrand, fit abolir la peine de mort, bien qu’elle fût alors soutenue par plus de la moitié des français

Illustration : camp de Roms à Lyon, photo de Le Monde.