A la découverte de la langue arabe

Depuis deux mois, je suis lancé à la découverte de la langue arabe.

 Jeune coopérant à Alger, de 1974 à 1976, j’avais appris chez les Sœurs Blanches l’arabe dialectal par une méthode rigoureusement auditive : nos professeures étaient des pionnières du laboratoire de langues. Je m’étais promis d’apprendre l’arabe littéraire lorsque j’en aurais le temps. Le moment est venu, en effet, près de quarante ans plus tard. Je me suis inscrit en première année de licence d’arabe à l’Université Montaigne.

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Les premières semaines sont consacrées à l’apprentissage de l’alphabet. L’arabe s’écrit de droite à gauche. Il ne connait pas les majuscules. Les lettres ont des formes différentes selon qu’elles sont au début d’un mot, au milieu, à la fin ou qu’elles sont isolées. Elles ont des valeurs différentes selon qu’elles portent ou non un ou plusieurs points, au-dessus ou en dessous de la ligne. Certaines lettres s’attachent à la suivante, d’autres non. La calligraphie arabe est fascinante. Mes lettres préférées sont le ﻇ, le « zâ », avec sa jolie forme de felouque et le ﺝ, « jîm », dont le tracé pointé est si élégant.

 Les voyelles et le redoublement des consonnes s’expriment par des signes au-dessus ou en-dessous des lettres. Un signe, le « silence »,  exprime qu’une consonne n’est pas vocalisée. Une lettre, le hamza, ﺀ, peut venir se nicher, comme une orchidée, sur une autre lettre ou vivre sa propre vie, sur la ligne.

 Ecrire les voyelles prend du temps et surcharge la calligraphie. Il est possible de lire sans recourir aux voyelles en retenant des structures-types, les « schèmes », qui se prononcent de la même manière.

 En apprenant l’arabe, on entre dans un autre monde et dans une autre manière de voir et de sentir le monde. C’est passionnant.