Les galettes de Pont-Aven

La chaîne de télévision C8 a récemment diffusé « Les galettes de Pont-Aven », film de Joël Séria (1975) avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle principal.

 Henri Serin (Jean-Pierre Marielle) traverse la crise de la quarantaine. Son métier de représentant de commerce en parapluies l’ennuie, bien que les déplacements incessants le libèrent temporairement d’une coexistence pesante avec son épouse. Son violon d’Ingres est la peinture. Sa passion : les femmes, le corps des femmes, leurs fesses qui lui semblent concentrer toute la beauté du monde.

 Lors d’une tournée en Bretagne, sa voiture percute un sanglier et se trouve immobilisée plusieurs jours. Henri Serin rencontre un pèlerin « fêlé » (joué par Claude Piéplu), puis un peintre « fêlé » lui aussi, Émile (Bernard Fresson). Ces rencontres sonnent pour lui l’aube d’une nouvelle vie. Il sera peintre professionnel, à Pont-Aven, la ville où a peint Gauguin. Il vit une histoire d’amour éperdu avec Angela (Dolores MacDonough), la belle jeune femme qu’Émile tenait sous son emprise et qu’il a libérée.

 

Lorsqu’Angela disparaît soudainement sans explication, « Monsieur Henri » sombre dans le désespoir et l’alcool. Il reprend pied lorsque Marie (Jeanne Goupil), une employée de l’hôtel où il réside, lui demande de faire son portrait, puis de chanter avec elle en duo sur la scène de la fête de la paroisse.

 Entre « cul », « bordel de merde », les images de nues et des répliques franchement machistes, le film pourrait verser dans l’obscénité. L’un des personnages, Émile, est d’ailleurs pervers. Mais ce n’est pas le cas d’Henri, ébloui par la beauté des femmes, intensément respectueux de leur mystère, désireux de pénétrer en elles ce mystère sans l’abîmer.

 « Les galettes de Pont-Aven » est devenu un film culte. Il le doit en grande partie à Jean-Pierre Marielle, dont le jeu tout en finesse, sur le fil du rasoir entre le grivois et le sublime, constitue une prouesse d’acteur.