Lost in translation

Arte TV a récemment diffusé « lost in translation », film de Sophia Coppola (2003), avec Bill Murray et Scarlett Johansson dans les rôles principaux.

Le titre du film est emprunté au poète américain Robert Frost : « poetry is what is lost in translation », la poésie est ce que l’on perd lorsqu’on traduit. Le film de Sophia Coppola est plein d’humour, de nostalgie et de poésie.

Bob Harris (Bill Murray), une star de cinéma, vient à Tokyo pour tourner une publicité pour une marque de whisky. Une scène hilarante le montre face au réalisateur japonais qui lui enjoint par un discours interminable et nerveux, dans une langue qu’il ne comprend pas, de jouer plus lentement, plus intensément. De retour au Park Hyatt Hotel, il ne trouve pas le sommeil. Déboussolé par le décalage horaire, il pense à l’anniversaire de son fils qu’il a oublié et peine à s’intéresser au meuble que son épouse, par téléphone, lui demande de choisir.

 

Au bar de l’hôtel, il rencontre Charlotte (Scarlett Johansson), une toute jeune femme qui accompagne son mari photographe. Pendant la journée, elle se mêle aux foules des rues et des centres commerciaux, ou cherche du silence dans des temples bouddhistes à Tokyo ou Kyoto. La nuit, que son mari épuisé par son travail dorme à ses côtés ou qu’il soit en voyage, elle s’ennuie.

« On souffre du décalage horaire et on fait le bilan de sa vie au milieu de la nuit », écrit Sophia Coppola. Bob constate qu’il serait bien mieux sur les planches d’un théâtre qu’à faire la promotion d’un alcool, même si celle-ci lui rapportera un million de dollars. Charlotte aimerait être écrivaine, mais déteste ce qu’elle écrit.

Malgré leur différence d’âge, ces deux-là se sentent de plus en plus proches. Leurs conversations intérieures convergent au point de n’en plus faire qu’une. Pourtant, dans quelques heures, il faudra se quitter.

Un film drôle et triste, profondément émouvant.