Pas d’inquiétude

France 2 a diffusé récemment « Pas d’inquiétude », un téléfilm de Thierry Binisti qui parle de famille, de leucémie, de fins de mois difficiles et de solidarité.

 Claire (Isabelle Carré) et Marc (Grégory Fitoussi) viennent d’emménager avec leurs enfants Lise et Rémy, de 13 et 10 ans environ,  dans la maison qu’ils viennent d’acheter. Claire vient d’être embauchée, en période d’essai, comme comptable dans une entreprise ; Marc travaille comme ouvrier dans une imprimerie. Leurs deux salaires suffisent à peine à vivre et à rembourser l’emprunt immobilier.

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Or voici que Rémy tombe malade. Pas d’inquiétude, leur dit le cancérologue. Mais c’est de leucémie qu’il s’agit. Pendant un an, la période sur laquelle se déroule le scénario, Rémy alternera séjours à l’hôpital et retours à la maison. Pour Claire et Marc, ce sont des montagnes russes d’angoisse et d’espoir. Ce sont aussi les reproches que l’un et l’autre s’adressent, le sentiment d’abandon ressenti par Lise, la conviction de Rémy qu’il est devenu le problème de la famille…

 Marc se met en congés de son travail pour être présent aux côtés de Rémy. Il souffre de sa position d’homme au foyer, incapable de communiquer vraiment avec son fils. Financièrement, le couple ne peut pas vivre avec un seul salaire. On envisage de vendre la maison. C’est alors que les collègues de travail de Marc se concertent pour lui offrir, avec l’accord du directeur, une partie de leurs RTT. La solidarité rompt une spirale mortifère. Grâce à l’infirmière Véra (Michèle Bernier), Claire, Marc et Rémy parviennent à parler de la maladie et de son issue peut-être fatale. Avant une nouvelle chimiothérapie en chambre stérile, on organise une fête avec les collègues de Marc : un bel adieu, ou le début d’un rebond…

Ce téléfilm est touchant, au sens où il évoque avec justesse le choc produit sur une famille par la maladie et les ruptures d’équilibre qu’elle induit, y compris sur le plan du budget familial. La famille est ébranlée, le mot divorce est prononcé, mais l’amour qu’ils partagent et la solidarité qu’ils rencontrent les rendent forts. Isabelle Carré joue, comme d’habitude, un rôle tout en nuances, passant imperceptiblement de la détresse à la résistance et de la colère à la tendresse. Une mention spéciale pour Diego Gaspard, qui interprète le personnage de Rémy avec beaucoup de finesse.