Dernier domicile connu

Arte TV a récemment diffusé « dernier domicile connu » de José Giovanni (1970), un polar énergique et sombre porté par Lino Ventura et Marlène Jobert.

Marceau Léonetti (Lino Ventura) est un policier décoré de la légion d’honneur pour ses actes de bravoure. Pour avoir appréhendé un jeune homme conduisant en état d’ébriété, mais dont le père a le bras long, il est rétrogradé dans un commissariat de quartier. Avec sa jeune assistante Jeanne Dumas (Marlène Jobert), il a pour tâche d’appréhender les prédateurs sexuels dans les cinémas : elle sert d’appât, il les embarque.

Lorsqu’approche le procès d’un caïd du grand banditisme et que le seul témoin à charge, craignant pour sa vie, se terre, on pense à Léonetti, à son flair et à son énergie obstinée, pour le retrouver et l’amener à la barre du tribunal.

Il ne reste que quelques jours avant que le procès commence. Une course contre la montre est engagée entre le duo Léonetti-Dumas et les hommes de main du malfrat, emmenés par Greg (Michel Constantin). Léonetti agit comme une machine implacable, de loge de concierge en caisse d’assurance maladie. Rien ne le décourage, pas même de trouver en pleine démolition l’immeuble de la dernière adresse connue de Roger Martin, le témoin recherché.

C’est l’enfance qui va ouvrir une piste. Jeanne s’est engagée dans la police pour protéger les enfants ; Marceau lui aussi a une prédilection pour les enfants, surtout lorsqu’il s’agit de retrouver des oiseaux qui leur ont été volés. Jeanne et Marceau se mettent sur la piste de Marie, la fille de Roger Martin. Elle est malade. Le binôme d’enquêteurs épluche des volumes d’ordonnanciers dans les pharmacies de quartier.

En suivant la piste de Marie, le témoin est retrouvé, il pourra témoigner. Mais la vengeance du caïd sera terrible. La police a cessé de protéger le témoin. Marie se retrouve orpheline. Scandalisée, Jeanne démissionne de la police. Pour Marceau, c’est trop tard. Il a trop vu d’injustices, y compris à son égard, qu’il ne peut plus se révolter.

José Giovanni (1923-2004), de son vrai nom Joseph Damiani, avait été condamné à mort après la guerre pour un triple meurtre. Gracié, puis finalement libéré en 1956, il se convertit en romancier puis en cinéaste. Son livre « le trou » inspira le film éponyme de Jacques Becker, dont « transhumances » a rendu compte.

« Dernier domicile connu » est un beau film, au rythme lent mais soutenu, qui emmène le spectateur dans un Paris aujourd’hui disparu.