Poésie sur les traces de la Bible

Agnès Gueuret a publié aux éditions Le Corridor Bleu cinq recueils de poèmes sur les traces de la Bible.

 La voix du poète ne nait pas de nulle part. Elle est précédée par celles de poètes, d’écrivains, de prophètes contemporains ou appartenant à des âges révolus. Ces voix s’insinuent dans la conscience des personnes et leur permettent d’effectuer un passage (une transhumance !). Elles passent de l’aveuglement à la « reconnaissance d’un amour veillant à notre porte et n’attendant que notre décision pour advenir en nous et par nous ». Dans la douleur et dans la joie, dans le doute et la tendresse, elles s’engagent dans une aventure spirituelle qui les amène à défendre l’opprimé, délier les liens des prisonniers, se dépenser pour que soient respectés les droits humains.

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Les recueils de poèmes d’Agnès Gueuret ont pour titre « le Pas du temps », « Souffles », « Sur les sentiers de Qohéleth », « D’un âge à l’autre » et « L’Ombre du jour ». Ils ont en commun d’être inspirés par la Bible. Il ne s’agit pas de traduction. Si « l’Ombre du jour » a pour sous-titre « au prétexte d’Osée », c’est le mot « prétexte » qui est important. Au sens littéral, il s’agit d’un pré-texte, au sens où le récit biblique précède de près de trente siècles les écritures contemporaines ; au sens commun, c’est comme une excuse, une sorte de label, pour une création littéraire nouvelle.

 Le recueil « D’un âge à l’autre » évoque, dans leur contexte social et historique redessiné par l’auteure, des personnages tels qu’Abraham, Ruth, Bethsabée ou Jésus. Par contre bien qu’inspiré d’Osée, « l’Ombre du jour » s’abstrait du personnage historique du prophète. Mais dans l’un et l’autre livre, il s’agit d’écouter ce que le texte ancien provoque en nous et de le laisser vibrer avec les émotions et les mots d’aujourd’hui.

 Voici un passage de l’ « l’Ombre du jour » qui caractérise bien le projet poétique d’Agnès Gueuret :

« Ô vous qui passez là,

écoutez, entendez :

un chant dans la nuit monte !

Du fond des temps,

l’amour en sa patience

sur la sente s’en vient »

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