Les Anges Noirs

Dans le roman Les Anges Noirs (1936), François Mauriac met aux prises un criminel endurci au bout du rouleau et un jeune prêtre haï de ses paroissiens mais « confiant jusqu’à la folie ».

 Gabriel Gardère a une cinquantaine d’années. Il porte le prénom d’un archange, mais son patronyme évoque un gredin, un homme dégradé ; Gabriel est un ange noir de péché. Alain Forcas est deux fois plus jeune que Gabriel. C’est le curé de Liogeats. Il a accueilli au presbytère sa sœur, qui menait à Paris une vie de débauche : les paroissiens sont convaincus qu’il entretient une prostituée. Ils l’ostracisent et le persécutent. L’abbé Forcas est un mystique, qui vit dans sa chair le mystère de la passion du Christ. C’est un ange noir, pour la soutane qu’il porte et aussi pour l’obscurité de ce qui l’environne. Continuer la lecture de « Les Anges Noirs »

Rock the Casbah

« Rock the Casbah », film de Laïla Marrakchi, raconte avec humour les funérailles d’un grand bourgeois de Tanger et le dévoilement d’un secret de famille.

 Moulay Hassan (Omar Sharif) assiste amusé aux trois jours de deuil qui rassemblent dans sa grande maison les membres de sa famille. Il y a là la mère, Aicha (Hiam Abbass) et ses trois filles : Miriam (Nadine Labaki, la réalisatrice et actrice de « et maintenant on va où ? ») et Keniza (Lubina Azabel), qui mènent toutes deux au Maroc des vies rangées, mais aussi frustrées ; et également Sofia (Morjana Alaoui), venue de Hollywood avec son petit garçon. Continuer la lecture de « Rock the Casbah »

Sombre dimanche

« Sombre dimanche », de la jeune romancière Alice Zeniter, est la saga d’une famille de Budapest, de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin et à l’entrée de la Hongrie dans l’Union Européenne.

 Ce livre est empreint d’un double désespoir : celui d’une nation qui fut grande du temps de l’Empire Austro-hongrois et qui est réduite à la condition d’un petit pays exposé aux rafales de la grande histoire ; et celui d’une famille, les Mándy, accrochée à la maison construite par l’ancêtre et incapable de s’adapter au monde tel qu’il devient. A sa lecture, on se sent envahi de mélancolie, mais par la magie de la poésie, la tristesse est sublimée et atteint une forme de beauté. Continuer la lecture de « Sombre dimanche »

Guantanamo

Dans le quotidien El País du 5 juillet, Yolanda Monge raconte la visite de cinq jours qu’elle effectuée au centre de détention de Guantanamo.

 Lors de sa première élection, le président Obama avait promis de fermer le centre de détention de Guantanamo ouvert en 2002 par son prédécesseur George Bush dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme ». Jusqu’à 600 personnes y ont été détenues. Il en reste actuellement 166, dont seulement six font l’objet d’une procédure judiciaire devant une commission militaire. Les autres restent simplement parce qu’on ne sait pas quoi faire d’elles. Continuer la lecture de « Guantanamo »