Commémoration à la Synagogue de Bordeaux

Une bouleversante exposition est consacrée à la grande Synagogue de Bordeaux à la commémoration des rafles de Bordeaux et de sa région. Elle s’achève le 31 mars mais devrait ensuite circuler en Gironde.

 L’exposition a été inaugurée à l’occasion du soixante-dixième anniversaire du convoi du 12 janvier 1944 qui emmena de Bordeaux à Drancy 365 personnes, dont soixante enfants et adolescents, dont la plupart furent par la suite exterminés. Continuer la lecture de « Commémoration à la Synagogue de Bordeaux »

Ida

« Ida », film de Pawel Pawlinowski, est un bijou cinématographique.

 Dès les premiers plans, le spectateur est saisi par la beauté des images. Le cadrage de chaque image est minutieusement travaillé. Les personnages sont parfois filmés en gros plan, mais très souvent ils sont relégués en marge du cadre, comme perdus dans un environnement qui les dépasse. L’usage du noir et blanc conforte l’impression d’une image épurée, réduite à l’essentiel. Il y a quelque chose de mystique dans la prise de vue. Les personnages traversent une expérience spirituelle bouleversante, avec ou sans Dieu, et c’est bien le climat que met en place la photographie. Continuer la lecture de « Ida »

L’ombre de ce que nous avons été

Le Glob’ Théâtre de Bordeaux a récemment programmé une pièce de Nadine Perez, « l’ombre de ce que nous avons été », d’après un roman du Chilien Luís Sepúlveda.

 Il est difficile d’imaginer salle plus inconfortable que le Studio du Glob’ Théâtre, entre le quartier des Chartrons et les Bassins à Flot à Bordeaux. Les habitués prennent d’assaut les quelques fauteuils ; les autres sont réduits à s’assoir sur d’étroites planches de bois nu sans dossier. Peut-être fallait-il cela pour apprécier pleinement la pièce de Nadine Perez dans son inconfort. Continuer la lecture de « L’ombre de ce que nous avons été »

W ou le souvenir d’enfance

Dans « W ou le souvenir d’enfance » (1975, l’Imaginaire Gallimard), Georges Perec intercale des souvenirs de son enfance, de sa naissance en 1936 à la Libération, à un récit imaginaire qui plante le décor terrifiant de la grande histoire.

 Georges Perec est né dans une famille juive polonaise immigrée en France. Son père meurt au front le jour de l’armistice, en juin 1940. Sa mère sera déportée à Drancy puis à Auschwitz en janvier 1943 et n’en reviendra pas. Lui-même est évacué vers la zone libre dans un train de la Croix Rouge en 1940 et vit jusqu’à la Libération entre Lans et Villard de Lans. Continuer la lecture de « W ou le souvenir d’enfance »