Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.
Dans cet article, je m’étonne du déni persistant de Jordan Bardella sur les propos antisémites qu’il avait tenus lorsqu’il était adolescent ; je m’interroge sur l’usage de l’intelligence artificielle pour la création littéraire ; et je m’émerveille de la continuité de la station spatiale internationale malgré l’exaspération des conflits et des guerres.
Le mensonge de Bardella
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, persiste à nier que, dans une jeunesse sous l’influence de Jean-Marie Le Pen et d’Alain Soral, il a tenu, par écrit et par oral, des propos antisémites.
Cette posture est surprenante. Ne serait-il pas plus simple, et plus naturel, de reconnaître une erreur de jeunesse ?
Son obstination peut s’expliquer par un tropisme d’extrême-droite : face aux critiques, il faut toujours nier en bloc et attaquer l’adversaire (en l’occurrence, les journalistes d’investigation). Donald Trump pousse ce principe jusqu’à l’extrême.
Une autre raison est peut-être que le socle électoral du Rassemblement national est désormais si solide que toute contrariété coule sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard. Il suffirait d’attendre que les choses finissent par se calmer.
L’IA et Thélyson Orélien
Trois semaines après que des critiques ont attribué à l’intelligence artificielle l’écriture de son roman « C’était ça ou mourir », Thélyson Orélieni vient de leur opposer un démenti : « ce roman vient de mes blessures et de celles des autres migrants », a-t-il déclaré.
La polémique a fait apparaître deux conceptions opposées de la littérature. Certains pensent qu’un auteur qui utilise l’intelligence artificielle rompt le contrat de confiance qui le lie au lecteur, contrat fondé sur une relation de personne (l’écrivain) à personne (le lecteur).
D’autres estiment que c’est l’œuvre littéraire qu’il faut juger. Si l’écrivain sait poser à l’intelligence artificielle les bonnes questions (les « prompts »), comme Balzac autrefois à ses collaborateurs, et si le produit intellectuel de la démarche est de haute qualité, pourquoi le dénigrerait-on ?
J’ai le projet de lire « C’était ça ou mourir » et d’en rendre compte dans « Transhumances », blog qui, jusqu’à maintenant, ne recourt pas à l’intelligence artificielle.
Le retour sur terre de Sophie Adenot
Le Monde rapporte les premières déclarations de Sophie Adenot le 10 octobre à Cologne : « C’est chouette d’être de retour sur Terre, mais aussi ça a son lot de défis, physiologiques surtout », a déclaré l’astronaute française, qui a amerri jeudi après avoir passé deux cent trente-sept jours à 400 kilomètres au-dessus de la planète
On est admiratif de sa performance physique et psychique, et aussi de la merveille technologique qui a été sa « maison » pendant 8 mois dans un environnement hostile.
C’est surtout la permanence d’un lieu de coopération internationale et de convivialité entre des femmes et hommes des États-Unis, de Russie et de France qui suscite l’étonnement dans le contexte actuel de conflits et de guerres.
Transhumances a consacré un article à Orbital, roman de Samantha Harvey sur un équipage de la station spatiale internationale.