Dix ans de prison

Pierre Estlimbaum, aumônier laïc à la maison centrale de Poissy de 2003 à 2013, a récemment publié à compte d’auteur le récit de son expérience sous le titre « Dix ans de prison, un aumônier protestant à la prison centrale de Poissy ».

Sans surprise, une bonne part du livre est consacrée à la parole évangélique : « c’est porteur de cette parole que j’ai franchi les dix-huit portes pour transmettre à ces hommes, rejetés par la société, l’espoir du pardon, de retrouver leur dignité à travers l’amour du prochain. » Ou encore : « personnellement, je n’ai jamais autant ressenti la présence du Christ que derrière ces barreaux, au milieu de mes frères détenus. » Ces personnes détenues, Pierre Estlimbaum les appelle « les gars », ou encore « les résidents ». Continuer la lecture de « Dix ans de prison »

Les sortants

Dans « Les sortants, comment la France prépare la sortie des détenus radicalisés ? » (Les Arènes, 2020), la journaliste Véronique Brocard décrit la manière dont l’Administration pénitentiaire prend en charge les personnes détenues pour terrorisme islamiste.

 L’ouvrage de Véronique Brocard constitue un modèle de journalisme : proximité du terrain, souci de documentation et de vérification des faits, équilibre entre distance et empathie. On y trouvera des informations de première main, par exemple les grilles d’évaluation utilisées par l’administration pénitentiaire pour discerner si une personne détenue radicalisée peut basculer dans la violence. Continuer la lecture de « Les sortants »

L’Abbaye de la Sauve-Majeure

Situées à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux, dans l’Entre-deux-mers, les ruines de l’Abbaye de la Sauve Majeure méritent la visite.

 La piste cyclable Roger Lapébie emprunte le tracé d’une ancienne voie de chemin de fer entre Bordeaux et Sauveterre de Guyenne. Son tracé, toujours en pente douce, traverse des forêts et des paysages de vignoble. Le village de La Sauve, à quelques kilomètres de la station-vélo de Créon, est sur son parcours. Continuer la lecture de « L’Abbaye de la Sauve-Majeure »

Le rire et la mort de Dieu

Dans « Le rire et la mort de Dieu, de la complicité de Dieu et du Diable » (Bayard, 2020), Bernard Sarrazin évoque son itinéraire de chrétien areligieux à travers le prisme de la relation souvent conflictuelle entre le rire et la religion.

 Bernard Sarrazin plaide pour un christianisme areligieux ou d’un athéisme chrétien consistant à vivre, comme le proposait Dietrich Bonhoeffer, « devant Dieu, mais sans Dieu. » Un christianisme « débarrassé du concept usé de Dieu, celui « des philosophes et des savants » dit Pascal, c’est-à-dire le Dieu d’un christianisme hellénisé, pour ne garder que la foi dans le « Dieu vivant », le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », le Dieu de l’Alliance ». Une foi moderne qui assume aussi le doute. Continuer la lecture de « Le rire et la mort de Dieu »