Albi possède, juchés en aplomb du Tarn, deux monuments contigus exceptionnels, la cathédrale et le palais de la Berbie, tous deux commencés de construire au treizième siècle.
La cathédrale d’Albi est contemporaine de celle de Chartres. Mais, si l’on excepte la taille de l’édifice et la hauteur de la voûte – impressionnantes dans les deux édifices -, tout les sépare. La cathédrale Sainte-Cécile d’Albi est en brique rouge ; elle est massive, avec un fort aspect militaire. Celle de Chartes est en pierre et suscite l’élan vers le ciel.
L’intérieur de la cathédrale de Chartres, du moins tel que nous le connaissons aujourd’hui, est en pierre nue. La voûte de la cathédrale d’Albi et ses 30 chapelles furent entièrement peintes par des artistes d’Émilie-Romagne entre 1509 et 1514. Ces peintures représentent des scènes de la Bible, difficiles à admirer tant elles sont haut placées.

Le palais de la Berbie (des évêques) jouxte la cathédrale. C’est un bâtiment magnifique, avec des jardins en terrasse au-dessus des rives du Tarn. Il est le site du musée d’art de la ville d’Albi depuis le début du vingtième siècle et plusieurs salles sont consacrées à la peinture ancienne et moderne. Mais ce qui fait le caractère unique du musée, c’est le don fait à la ville d’Albi par les parents du peintre de nombreuses œuvres d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864 – 1901). Le musée porte aujourd’hui son nom.

On peut s’étonner que la demeure des évêques d’Albi soit devenue celle d’un homme habitué à la fréquentation des bordels, et dont plusieurs œuvres représentent des prostituées. Mais ce qui caractérise l’œuvre de Toulouse-Lautrec, affligé d’un corps disgracieux et maladif, c’est sa puissante humanité. Elle atteint ainsi une dimension spirituelle qui ne dépare pas avec les lieux.
