Arte TV a récemment diffusé « Impossible », téléfilm réalisé par Emmanuel Finkiel à partir du roman éponyme d’Erri De Luca.
Parti seul en randonnée sur un massif escarpé des Alpes du sud, Enzo Tovoli (Fabrizio Bentivoglio) observe à la jumelle un homme qui le précède sur le sentier. Il appelle les secours lorsque celui-ci s’est écrasé au fond d’un ravin après une chute vertigineuse.
Le juge Richter Dorieu (Swann Arlaud) découvre qu’Enzo Tovoli et la victime, Armando Firoriano (Enrico Di Giovanni), avaient un lourd passé commun : ils avaient milité dans les années 1970 dans les Brigades Rouges en Italie. Fioriano avait dénoncé ses camarades, ce qui avait valu à Tovoli des années de prison.
Pour le juge, il est impossible que les deux anciens militants se soient retrouvés par coïncidence sur les pentes du mont Gioberney. L’un a attendu l’autre. Le plus probable est que le camarade trahi se soit vengé. Enzo est mis en examen pour assassinat.
Au fil des cinq entretiens du juge avec l’accusé, qui refuse l’assistance de l’avocat commis d’office, deux vérités s’affrontent. Enzo Tovoli répète qu’il n’avait pas reconnu dans le randonneur accidenté son camarade d’autrefois et que celui-ci est tombé accidentellement. Résolu à faire tomber le mis en examen, qu’il accuse de mensonge, Dorieu se passionne pour le dossier. Il découvre que les deux protagonistes n’étaient pas seulement camarades de combat, mais amis d’enfance et qu’adolescents, ils étaient ensemble partis randonner sur le mont Gioberney.
Tovoli, par fidélité à la jeune femme qu’il avait épousée après sa libération de prison et qui le pressait de faire table rase du passé, s’obstine sur sa ligne de défense. Le face-à-face du juge et de l’accusé devient vertigineux. Le juge avance une autre hypothèse : Tovoli et Fioriano avaient bien rendez-vous en montagne, mais c’est ce dernier qui aurait tenté de tuer son ancien ami et camarade de crainte qu’il se venge. Au procès, celui-ci pourrait plaider la légitime défense.
On retrouve dans ce téléfilm, malheureusement pas sorti en salles, les obsessions d’Erri De Luca : la haute montagne, le passé militant, la tentation de l’oubli, le vieillissement. Le face à face entre Fabizio Bentivoglio et Swann Arlaud est fascinant.
