20 ans

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Le 1er juillet 90, il y a tout juste 20 ans, je commençai ma carrière professionnelle chez Coface. Je ne me suis pas ennuyé !

L’aventure avait failli mal commencer. Le jour de mon entretien d’embauche avec le président de la Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur, le chauffeur de taxi, peu habitué à la tridimensionnalité de La Défense, m’avait laissé entre deux bacs de poubelles à une entrée de service.

Le jeune Secrétaire Général, Jérôme Cazes, avait convaincu le président Baquiast que, pour affronter les défis qui l’attendaient avec l’ouverture du marché européen, la Compagnie devrait créer un poste de directeur de la communication. Le baptême du feu avec la presse allait être sportif : comment se fait-il, demandaient les journalistes pendant la première Guerre du Golfe, que l’armée française détruit les armes vendues à Saddam Hussein et qui avaient été dument « cofacées » ?

Comme directeur de la communication à Paris, puis directeur général adjoint à Milan, directeur général à Madrid et Lisbonne et maintenant à Londres, j’ai été associé à des changements profonds. Je suis entré dans une entreprise publique, agence d’assurance crédit au service exclusif des exportateurs français. Coface est maintenant une entreprise privée qui propose des garanties et des financements pour les créances détenues par des entreprises du monde entier sur d’autres entreprises.

J’ai eu la chance de vivre dans des pays magnifiques et d’apprendre leurs langues et leurs cultures. Le premier juillet, je visitais un client près de Glasgow. Il exporte des ventilateurs industriels et des compresseurs dans de multiples pays. Il produit en Chine, et est confronté à la nécessité de conserver une longueur d’avance dans le domaine de la recherche. Son cycle de fabrication et d’installation chez les clients est long : bien comprendre son activité et la nature de ses contrats commerciaux est indispensable pour cerner les risques que nous assurons. Avant de prendre l’avion de retour à Edimbourg, j’ai pu flâner une heure dans la ville qui, après une journée pluvieuse, était gorgée de soleil.

En France, en Italie, en Espagne, au Portugal, au Royaume Uni et en Irlande, j’ai eu le privilège de travailler avec des personnes qui m’ont fait grandir, professionnellement et personnellement. J’ai partagé et je partage avec elles la joie d’une conférence réussie et d’un grand contrat signé, ains que le stress des faillites à indemniser. Ces destins entremêlés me rendent heureux.

Photo : réunion de CreditAlliance, le réseau international animé par Coface, à Madrid en 2007.

Musique malienne au Barbican

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Le Mali était à l’honneur hier soir dans l’immense auditorium du Barbican à Londres.

La star du concert était le groupe Bassekou Kouyate & Ngoni Ba qui suscita l’enthousiasme par son rythme époustouflant, par la qualité et l’étrangeté du son des calebasses et des ngonis (instrument à cordes à caisse étroite) et surtout par la joie des musiciens sur scène. Leur musique est profondément enracinée dans la tradition griotte. Elle résulte aussi d’un effort pour rendre cette tradition intelligible par des auditeurs du monde « globalisé ». « Il n’existait pas de théorie musicale de base du ngoni, et les vieux griots avaient leur propre façon de se référer aux notes, dit Bassekou Kouyate. J’ai travaillé à mettre en place un cadre de sorte que les notes sont maintenant reliées aux gammes occidentales et il est possible à des personnes hors de notre monde musical d’apprendre à jouer le ngoni ».

C’est ce même travail interculturel qui m’a fasciné dans le récital de Ballaké Sissoko à la kora, (instrument à cordes de la taille d’un homme avec à sa base une caisse sphérique) et Vincent Ségal au violoncelle. J’avais acheté et aimé leur disque, « Chamber music ». Les deux hommes son assis côte à côte, Ballaké dans un boubou d’un blanc éclatant, Vincent dans un classique costume – cravate gris.

Ballaké Sissoko est issu d’une famille de griots mandingues. La conversation musicale entre les deux artistes est d’une grande délicatesse. Un thème développé par Ballaké à la kora est interprété par Vincent au violoncelle avec une couleur différente, mais fidèle jusque dans les nuances. Leur musique invite au recueillement, à la méditation de ce qui nous distingue et de cette mélodie universelle qui nous réunit.

Illustration : pochette du disque « Chamber Music ».

Fluidité

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Javier Cantera, Président du groupe de consultants en ressources humaines espagnol BLC, donne dans sa newsletter un point de vue original sur la réforme du droit du travail en Espagne.

Javier Cantera déplore l’esprit cloche-merle qui préside selon lui au débat sur la réforme du droit du travail, avec des partenaires sociaux nostalgiques du passé. Il plaide pour un changement pragmatique qui tienne compte de l’évolution de l’environnement et de l’impératif de compétitivité. La sécurité de l’emploi est-elle seulement dans la loi et non dans les capacités des personnes ? Il faut travailler sur notre façon de penser, et en particulier :

  • – Redéfinir le bonheur comme une expérience de la fluidité

  • – Démasquer les pièges de l’esprit, les siens et ceux des autres

  • – Se concentrer sur la passion pour la qualité de la vie au travail

Il faut réinventer nos zones de confort et resituer notre motivation dans « l’être » plus que dans « l’avoir ». Javier Centra cite le livre « flow » (flux, fluidité) écrit par Mihaly Csikzzentmihalyi dans les années 90. Celui-ci dit que le bonheur se trouve où l’on accepte un défi. Le bonheur surgit d’états d’expérience optimale, de ces moments où l’on se sent « possédé » par un profond sentiment de jouissance, celui d’être le propriétaire de ce que l’on fait et comment on le fait. Dans ce monde du travail, nous devons chercher à profiter des moments positifs de nos enthousiasmes. Il faut couler comme une source pour que notre esprit se plaise dans l’action professionnelle.

Javier Cantera avoue lui-même qu’il ne se voit pas à une table de négociations entre syndicats et patronats pour défendre ses thèses. Mais celles-ci rejoignent en partie celles qu’avait exposées Dominique Strauss-Kahn au cours de la précampagne pour les élections présidentielles de 2006. Il fallait, disait-il, redéfinir la sécurité du travail comme la garantie de parcours de transition et de formation entre différents emplois, au lieu du bétonnage d’acquis intangibles.

Photo « transhumances » : ruisseau au Voile de la Mariée, Salazie, Ile de la Réunion.

Amitié

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Nous venons de passer un délicieux week-end de retrouvailles ensoleillées avec des amis rencontrés durant notre période madrilène, entre 2001 et 2007.

Qu’est-ce qui, dans la multitude des relations que l’on se fait au long de sa vie, explique que certaines prennent plus d’importance ? Qu’est-ce qui nous donne envie de passer un week-end ensemble, alors que nous sommes maintenant dispersés entre Orléans, Lyon, l’Aquitaine, la Bretagne et la Grande Bretagne ? Quelle est la chimie qui opère entre des personnes extraverties au risque de l’exubérance et d’autres qui trouvent en elles-mêmes l’énergie qui les fait agir ? Qu’est-ce qui se passe entre des personnes captivées par des savoirs techniques et d’autres qui vivent d’intuition artistique ? Pourquoi les convictions religieuses ou politiques ne nous séparent-elles pas ? Pourquoi nous réjouissons-nous de nos différences comme d’un bouquet de fleurs parfumées ?

Le « parce que c’était lui, parce que c’était moi » de Montaigne et La Boétie ne me convainc guère. Notre groupe est probablement né du choc du décès d’Axelle, à l’âge de seize ans, en 2002. Il se nourrit du fait que plusieurs de ses membres franchissent le cap de la retraite et qu’il existe entre nous une communauté de génération. Mais l’amitié est surtout le fruit d’un travail au jour le jour. Si Brigitte, Elise et Pascale n’avaient à cœur d’appeler pour souhaiter les anniversaires et prendre des nouvelles ; si Frédérique et Didier n’avaient eu envie de nous faire partager leur joie d’emménager dans une demeure historique au milieu d’un jardin splendide, au bord d’un pré où broutent les ânes Lolita et Pepito ; si Anissa n’était venue plusieurs jours avant nos retrouvailles pour préparer d’exquis mets marocains pour notre colonie ; alors l’amitié se diluerait au rythme des vœux annuels, qui permettent seulement au feu de couver sous la cendre.

Photo « transhumances » : manège à Toulouse.