Strictly Gershwin

Le Royal Albert Hall de Londres présente jusqu’au 19 juin une superproduction intitulée « strictly Gershwin ».

 Le spectacle surfe sur la mode de la danse de salon, amplifiée en Grande Bretagne par « Strictly Come Dancing », un concours télévisé qui oppose des personnalités du spectacle ou de la mode qui suivent un entrainement poussé et dont le partenaire est un danseur professionnel. Il joue aussi sur la nostalgie du Hollywood des années trente, le souvenir de Fred Astaire et Ginger Rogers, le charme de l’opérette où dans le bal, les gentils gendarmes côtoient des bonnes sœurs en collerette.

 Il est à l’unisson des images et des sons fondateurs de son public et aurait pu verser dans la facilité. Mais il y a l’extraordinaire musique de George Gershwin (An American in Paris, Rhapsody in Blue, Summertime, Shall we dance…) et le talent des danseurs de l’English National Ballet. Tout est parfaitement orchestré, léger, gai. On passe une excellente soirée.

 Photo : « Strictly Gershwin ».

The Full Monty

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« The Full Monty », l’un des plus grands succès du cinéma britannique (1997) a été mis en scène comme comédie musicale à Broadway en 2000. La Watford Operatic Society vient de le produire au Palace Theatre de Watford.

Le Palace Theatre de Watford, dont certains spectacles attirent un public clairsemé, accueille aujourd’hui la foule des grands jours. Les premiers rangs ont été retirés pour laisser place à une fosse d’orchestre. Les femmes, certaines venues avec un groupe de copines, sont en écrasante majorité. Certaines semblent bien décidées à se rincer l’œil, et l’ambiance est particulière : le public s’identifie aux épouses de ces ouvriers métallurgistes disqualifiés par le chômage et la frontière entre acteurs et spectateurs s’estompe dans l’enthousiasme général.

La comédie musicale transporte l’action de Sheffield (Royaume-Uni) à Buffalo (Etats-Unis) et invente quelques personnages. Le désespoir d’ouvriers devenus « losers » par l’effet d’une oisiveté forcée qui ronge jusqu’à leur dignité, la découverte par des cadres déqualifiés qu’ils sont désormais solidaires de leurs anciens subordonnés, la souffrance des épouses témoin de la déchéance de leur mari, la peur que les travailleurs sociaux retirent la garde des enfants, tout cela est présent dans la comédie musicale comme dans le film, mais celle-ci minimise les sentiments tristes et joue la carte de l’humour et de l’érotisme.

La Watford Operatic Society est une troupe amateur fondée en 1923. Elle produit une comédie musicale chaque année, avec un excellent niveau de qualité. Elle illustre la vitalité de la vie associative musicale en Angleterre.

Illustration : affiche de « The Full Monty » au Watford Palace Theatre.

Tiny Volcanoes

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La pièce de Laurence Wilson, Tiny Volcanoes (minuscules volcans) met en scène les contradictions de la société britannique de l’ère Cameron.

Tiny Volcanoes est produit par la troupe de théâtre itinérante Paines Plough (www.plainesplough.com). Nous avions aimé « Love love love », l’une de leurs productions récemment présentée, comme celle-ci, par le Palace Theatre de Watford.

Tiny Volcanoes, jouée par Michael Ryan et Kevin Harvey, met en scène deux jeunes Britanniques, l’un blanc avec un fort accent populaire du nord, l’autre métis parlant une langue plus soutenue. Le premier est convaincu de la grandeur de l’identité britannique. Le second lui ouvre les yeux sur les minuscules volcans qui, sous la surface, font du pays une potentielle pétaudière : le racisme, le chômage, la déconnexion des élites.

La pièce est difficile à suivre pour un non anglophone : lorsque l’humour et le parler populaire s’en mêlent, les jeux de mots et les références implicites transforment le texte en un sabir indéchiffrable.

Parmi les meilleures scènes, on notera un jeu télévisé dont les participants, représentés par leur effigie, sont des hommes politiques, de Cameron et Clegg à Kadhafi ; le discours d’un homme politique, prononcé sur un ton amène et modéré, mais qui révèle peu à peu une vision raciste qui glace le dos ; le « come out » d’un jeune homme révélant à son père non son homosexualité, ce que celui-ci aurait accueilli à bras ouvert, mais sa conversion à l’Islam, qui déclenche chez lui une réaction délirante.

Photo « Paines Plough » : Michael Ryan et Kevin Harvey dans « Tiny Volcanoes ».

Ballet Black

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Le Place Theatre de Watford a programmé le 4 mai un magnifique spectacle de danse par la troupe Ballet Black.

Ballet Black (http://www.balletblack.com/) a été créé il y  a une dizaine d’années pour donner leur chance à des danseurs d’origine noire ou asiatique.

Pendulum, une chorégraphie réalisée en 2009 par Martin Lawrance sur une musique de Steve Reich écrite en 1968, est une œuvre impressionnante. Elle met en scène un couple de danseurs, Cira Robinson et Jazmon Voss. « Pendulum est un duo qui balance entre des images de combat et des moments de proche partenariat entre ses deux danseurs », dit Martin Lawrence. Le chorégraphe « utilise les rythmes de battement de cœur des Mouvements du Pendule de Steve Reich pour élever les pulsions de son travail jusqu’à une compétition, un menace ou une poursuite. Tandis que les danseurs se confrontent l’un à l’autre dans des tourbillons, la tension qui s’accumule leur donne une aura de danger et de séduction », écrivait The Guardian en 2009.

La musique joue un rôle fondamental dans Pendulum. Au début de la chorégraphie, tout est silence : on n’entend que le frôlement et le heurtement des corps. Puis se mettent en place des graves qui font vibrer les spectateurs, avec un rythme de plus en plus implacable. C’est magnifique.

Illustration : photo de Ballet Black.