Rue des voleurs

« Rue des voleurs », roman de Mathias Énard (Babel, Actes Sud, 2012) est un passionnant récit au cœur des craquements qui ébranlent nos sociétés au nord comme au sud de la Méditerranée.

 « Rue des voleurs » avait tout pour me séduire : les villes de Tanger (patrie affective d’un vieil ami), de Barcelone (où j’ai travaillé) et de Tunis (mon dernier voyage au Maghreb) ; les amours contrariées d’un jeune marocain et d’une barcelonaise étudiante en arabe ; la prison d’où le héros écrit son histoire ; l’image tutélaire du voyageur marocain Ibn Battûta. Et je n’ai pas été déçu. Ce roman est de ceux dont on ne voudrait qu’il ne finisse jamais. Continuer la lecture de « Rue des voleurs »

De rouille et d’os

France 2 a récemment diffusé « de rouille et d’os », film de Jacques Audiard (2012).

Stéphanie (Marion Cotillard) est chef de l’équipe de dresseurs d’orques dans un parc aquatique de la Côte d’Azur. Ali (Matthias Schoenarts) vient se réfugier chez sa sœur avec son petit garçon de 5 ans après une rupture sentimentale. Il trouve du travail dans une agence de sécurité. Videur dans une boîte de nuit, il raccompagne Stéphanie chez elle à la suite d’une échauffourée. Il lui laisse son numéro de téléphone à tout hasard, si elle en a besoin. Continuer la lecture de « De rouille et d’os »

La loi Veil a 40 ans

À l’occasion des 40 ans de la loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse, France 2 a diffusé “La Loi”, un téléfilm de Christian Faure.

 « La loi » raconte les trois jours de débats parlementaires passionnés qui sont finalement débouché sur le vote de la loi défendue par Simone Veil légalisant l’IVG. Emmanuelle Devos joue le rôle de celle qui était alors Ministre de la Santé. Le film la montre tenace, obstinée, en apparence inaccessible aux attaques les plus perverses, comme celle d’un député de droite (son propre camp) comparant son action à celle des médecins nazis. Continuer la lecture de « La loi Veil a 40 ans »

The Tribe

Premier long métrage du réalisateur ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, « the tribe » met en scène des acteurs sourds et muets, dont la langue des signes n’est ni traduite ni sous-titrée.

Le jeune Sergey (Grigoriy Fesenko) entre dans un internat pour sourds et muets le jour où élèves et professeurs célèbrent une fête. Aucun mot n’est prononcé, car tous sont sourds et muets. Nous, spectateurs, n’entendons que le bruit des pas sur le sol. Eux écoutent le discours de la directrice prononcé en langue des signes. Continuer la lecture de « The Tribe »