Chronique d’étonnement n°113

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article, je suis témoin de réactions contradictoires à la porte d’une école, face à la canicule ; je ne comprends pas la myopie des autorités face au désastre humanitaire des prison ; j’ai été interloqué par la réaction d’une adolescente accusée d’avoir poignardé ses grands-parents.

Canicule

Nous attendons nos petits-fils à la sortie d’une école de Bois-Colombes. Une équipe de France 2 interroge les parents. Que pensez-vous de l’initiative de parents d’élèves d’installer aux fenêtres des couvertures de survie pour atténuer les températures dans les classes ?

Ma première réaction consiste à me féliciter de cette initiative. N’attendons pas tout d’en haut. Sur le terrain, des personnes concernées prennent à bras le corps un problème qui rend difficile la vie des élèves et des enseignants. Bravo ! N’est-ce pas ce qu’on appelle une communauté éducative ?

D’autres parents interrogés relèvent l’état d’impréparation de l’Éducation Nationale alors que la probabilité de connaître fréquemment des températures extrêmes n’est un mystère pour personne.

Ce que je vois en prison

« Ce que je vois en prison dépasse l’entendement, dit Dominique Simonnot, Contrôleure générale des yeux de privation de liberté, dans un entretien publié par Le Monde le 21 juin. C’est comme l’expérience de Milgram [qui étudie la soumission des individus à l’autorité, quitte à infliger des souffrances à autrui]. Vous passez des petites bornes et, sans vous en rendre compte, vous arrivez à l’innommable. Qu’est-ce qu’on est devenus, tous, pour supporter ça ? On demande à la prison de réparer tout ce qui a échoué depuis le début. La société n’ira pas mieux parce que les gens sont entassés dans des conditions infectes et humiliantes. »

Les périodes de chaleur extrême que la France a connues en mai, puis en juin, ont infligé des souffrances indicibles aux personnes détenues comme au personnel de surveillance. Les autorités ne voient rien en prison. Elles regardent ailleurs

Je ne le ferai plus

Dans Le Monde du 11 juin, Alexandre Duyck a publié une enquête stupéfiante sur le meurtre, le 31 mars dans un village des Ardennes, de grands-parents par Lola, leur petite-fille de seize ans, et Kevin, son petit ami de 15 ans.

Le motif ? « Ils voulaient nous empêcher de vivre notre amour ». Ils ont été tués à coups de couteau de cuisine, selon un scénario préparé bien à l’avance.

Les policiers ont été abasourdis par la réaction de Lola en garde à vue. « À un moment, elle a demandé si elle pouvait récupérer son téléphone portable et si elle pouvait s’en aller, se souvient un témoin sidéré. On lui a répondu qu’il n’en était pas question, qu’elle allait dormir en prison. Elle s’est mise à hurler : « Mais c’est bon ! Je m’excuse ! Je vous dis que je le ferai plus ! »

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