Le vertige

« Le vertige », film de Quentin Dupieux, est singulier par sa courte durée (67 minutes), par son intrigue déjantée et par l’usage d’une technique d’animation visuelle délibérément obsolète.

La voix des acteurs, Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier et Jean-Marie Winling est celle de personnes en chair et en os. Mais ce qu’on voit à l’écran, ce sont des pantins comme issus des jeux vidéo des années quatre-vingt.

Jacky (Alain Chabat) tient à informer son ami Bruno (Jonatha Cohen) d’une révélation qui bouleverse sa vie. Le monde où ils vivent n’existe pas vraiment. Il s’agit d’une simulation, sans doute machinée par un être extérieur, peut-être Dieu ? Comment en être sûr ? En observant les bugs qui rendent la simulation imparfaite : un ascenseur qui s’arrête simultanément à tous les étages, un chapeau qui n’est pas entraîné par le débit de la Seine, un oiseau qui n’en finit pas de voler dans une bouche d’égout.

Une autre preuve se manifeste chez Jacky lui-même. Sa femme Fabienne (Anaïs Demoustier) accouche en quelques secondes d’une petite fille. Bug : il n’y a pas de cordon ombilical. Les erreurs commises par l’ingénieur de la machination attestent que tout est faux.

Les amis enquêtent, et croisent sur leur chemin un savant, Christophe Bourgeois (Jean-Marie Winling), qui affirme avoir découvert le secret du monde simulé. Dans la seconde partie du film, l’un des amis s’empare du secret, s’érige en gourou et en fait une source de profit. Il ne s’agit plus seulement du vertige qui s’empare de personnages qui n’ont plus rien de solide à quoi accrocher leur existence. Le film parle aussi de la voracité d’individus qui, pour gagner de la notoriété et de l’argent, n’hésitent pas à sacrifier l’amitié.

 

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