Little Venice

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La Petite Venise de Londres n’a rien de commun avec la Cité des Doges. Elle constitue pourtant un lieu de promenade agréable, quatre kilomètres jusqu’à Camden.

On ne trouve pas à Little Venice d’équivalent à San Marco ou à la Salute. Il s’agit d’un petit bassin à l’intersection du Grand Union Canal, qui vient du Nord, du bassin de Paddington (tout près de la gare de Paddington) et du Regents Canal, ouvert en 1812 pour effectuer la jonction avec la Tamise. De forme triangulaire, il est bordé de saules pleureurs et de grands immeubles géorgiens aux façades blanches.

La promenade au long de Regents Canal est agréable. Peu après Little Venice, des résidents permanents ont transformé leur péniche en résidence de luxe ensevelie sous les massifs de fleurs et ont colonisé le chemin de halage. A proximité de Regents Park,  on longe de superbes villas construites en 1989 en style classique. Joggeurs, cyclistes, promeneurs, poussettes d’enfants se disputent la voie bitumée parallèle à la voie d’eau, elle-même livrée aux bateaux promenades et aux péniches étroites. Un peu plus loin, on côtoie l’espace des hyènes et la volière du zoo de Londres. On débouche finalement sur les écluses de Camden, autour desquelles s’est développé un gigantesque marché aux puces grouillant de vie.

Photo « transhumances »

William Wordsworth à Mount Rydal

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Les environs du lac de Grasmere, dans le Lake District, sont emprunts du souvenir du poète William Wordsworth.

Le poète William Wordsworth (1770 – 1850), natif de la région des lacs, vécut de 1799 à 1808 à Dove Cottage, une maison proche du lac de Grasmere, puis de 1813 à sa mort à Mount Rydal, une grande maison surplombant un autre lac tout proche, celui de Rydal.

Les deux maisons sont ouvertes au public. La première donne une idée assez exacte de la vie d’une famille de classe moyenne en Angleterre il y a deux cents ans. La seconde, plus grande et environnée d’un splendide jardin, prête à la rêverie.

Un musée Wordsworth a été organisé à Dove Cottage. On y voit des documents sur la région des lacs à l’époque du poète ainsi que de nombreux manuscrits, de lui-même comme de sa sœur, à qui il dut une bonne part de son inspiration. On peut y écouter des poèmes lus par des comédiens.

Voici la première strophe de son poème le plus célèbre, « Daffodils » (jonquilles), dont la musique de la langue est magnifique :

I wandered lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Je vagabondais seul comme un nuage / qui flotte au dessus des vallées et des collines / quand tout à coup je vis une foule, / une masse de jonquilles dorées ; / à côté du lac, derrière les arbres, / tourbillonnant et dansant dans la brise.

Photo « transhumances » : Mount Rydal.

John Ruskin à Brantonwood

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La maison occupée par John Ruskin à Brantwood, sur les rives du lac de Coniston, dans le Lake District, offre une vue à couper le souffle.

John Ruskin (1819 – 1900) vécut au domaine de Brantonwood les vingt-huit dernières années de sa vie. Au fil de notre découverte de la Grande Bretagne, nous avons croisé à plusieurs reprises ce personnage formidable dont la vie coïncide à peu de choses près avec celle de la Reine Victoria. Il s’est en particulier illustré en prenant contre Dickens la défense des préraphaélites, qui partageaient avec lui une passion pour la nature menacée par le désastre écologique de la première industrialisation et voulaient, comme lui, rendre présente l’humanité dans sa réalité charnelle.

Ruskin fut un voyageur infatigable, chantre de Venise et de Florence, mort à Créteil lors d’une ultime escapade. Il fut un dessinateur et un peintre doué. Il fut un critique d’art prolifique et écouté. Il fut un prophète impitoyable dans sa critique du règne de l’argent, un chrétien social qui prônait l’éducation pour tous et la santé gratuite.

La maison de Brantonwood est pleine du souvenir de cet homme qui laissa une trace forte, contrastant avec sa fragilité psychologique, marquée par une sexualité non assumée et des moments de dépression. « There is no wealth but life », disait-il : il n’y a de richesse que la vie.

Photo « transhumances » : le lac de Coniston depuis Brantonwood.

Lake District

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Le long week-end des noces royales en Angleterre nous a permis de découvrir une magnifique région, celle des Lacs.

Le Lake District, au nord de Liverpool et Manchester, est une région de moyenne montagne. Une vingtaine de lacs occupent le fond d’anciennes vallées glaciaires aux versants érodés par des millions d’années de pluies et de vents. Les sommets aux formes arrondies sont dénudés. Des moutons paissent sur des prairies délimitées par de hauts murs en lauze, les « enclosures » contemporaines de la révolution industrielle. A mesure que l’on descend vers le fond des vallées, l’herbe devient plus grasse et d’immenses arbres donnent de l’ombrage. En ces journées de printemps, la luminosité est intense. Le ciel d’azur, la surface sombre des lacs, les murs noirs couverts de mousse, les vagues de bleuets sur les pâtures offrent des contrastes sans cesse changeants.

Des milliers de randonneurs parcourent les sentiers. La région est sillonnée d’autocars à impériale et les lacs traversés de petits bateaux qui, par gros temps, offrent une douche involontaire à leurs passagers.

On respire dans la région des lacs l’air des grands espaces. On se sent en harmonie avec la nature. On se sent, un peu, poète.

Photo « transhumances » : Lac Derwenwater, près de Keswick.