La Bataille de Gaulle, l’âge de fer

Dans la première partie de son film historique consacré au Général de Gaulle pendant la seconde guerre mondiale, Antonin Baudry évoque les années 1940-1942. Seul contre tous, déchu de sa nationalité française et condamné à mort par le régime de Vichy, de Gaulle prétend représenter, à lui seul, la France invaincue.

« La Bataille de Gaulle, l’âge de fer » tisse deux histoires de résistance envers et contre tout. L’une d’entre elle est celle de Fernand Bonnier de la Chapelle (Florian Lesieur), un jeune étudiant qui organise la première manifestation contre l’occupation allemande au pied de l’Arc de Triomphe, aux côtés d’une étudiante juive, Livia (Anamaria Vartolomei). Plusieurs de ses camarades seront dénoncés et exécutés. Il réussit à s’enfuir à Alger. C’est lui qui assassinera l’Amiral Darlan (Mathieu Kassovitz) le 24 décembre 1942 et sera lui-même fusillé.

L’autre histoire est celle de Charles de Gaulle (Simon Abkarian), colonel promu général après avoir tenu tête à l’avancée allemande sur le front de l’est, puis éphémère secrétaire d’État à la guerre. Le général s’enfuit de Bordeaux en avion. À Londres, Churchill (Simon Russel Beale) lui donne accès à la BBC. Le 18 juin, il prononce son fameux appel à la résistance.

Porté déserteur en France, de Gaulle ne possède rien d’autre qu’un discours en béton : la France n’a pas capitulé, elle a été trahie par ceux qui ont signé l’armistice puis prôné la collaboration avec les Nazis. Elle reste en guerre aux côtés de l’Angleterre. Son charisme impressionne Churchill, lui-même une forte et improbable personnalité.

Les premiers mois sont surréalistes. Un plombier polonais, Blazej (Karim Leklou) vient pour remplacer des robinets et se trouve propulsé cadre de la France Libre. Les premiers ralliés se voient confié des tâches impossibles : la constitution d’une armée, l’approvisionnement en armes, la marine, Le général a l’intuition que ce sont les colonies africaines qui procureront les hommes et les moyens nécessaires. Il envoie Pleven (Loïc Cordery)  au Tchad, Leclerc (Niels Schneider) au Cameroun, avec pour objectif Dakar. Seule limite : on ne tirera pas sur des Français.

À mesure que le projet de la France Libre prend forme, les difficultés s’accumulent. Churchill fait bombarder la flotte française à Mers el Kebir. Les Américains se méfient de de Gaulle, tentent de retourner Vichy et font de l’un de ses personnages-clé, l’Amiral Darlan, leur homme lige en Algérie. Le chef de la France Libre  annonce même au Conseil national de la Résistance sa dissolution. Mais l’assassinat de Darlan rebat les cartes.

Le film d’Antonin Baudry constitue un magnifique hommage aux valeurs morales de courage et de ténacité dans les épreuves. Une longue séquence est consacrée à la bataille de Bir-Hakeim, en Libye, dans laquelle le général Koenig (Benoît Magimel) et ses troupes parvinrent à retarder Rommel, dix fois supérieurs en nombre, pendant seize jours, permettant ainsi aux Britanniques de se replier et rendant possible la victoire d’El Alamein.

Il souligne aussi que l’histoire aurait pu s’écrire autrement. À plusieurs reprises, entre 1940 et 1942, le projet du général de Gaulle a tenu sur le fil du rasoir. Le sentiment de solitude, la perception de l’échec possible, sont toujours restés présents dans son esprit, mais il n’a jamais envisagé de faire marche arrière ou un pas de côté.

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