Helen Mirren, trésor national

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Dans le quotidien The Guardian du 4 mars 2011, Ryan Gilbey interview Helen Mirren, actrice qui, âgée maintenant de 65 ans, fait figure de trésor national en Grande Bretagne.

« Je suis plus âgée, maintenant, dit Helen Mirren. Il y a un moment épouvantable quand on découvre qu’on n’est plus la personne la plus jeune dans la salle. Particulièrement si, jeune, on a connu le succès. Et par la suite bien sûr, on réalise qu’on se trouve la personne la plus âgée dans la salle ! (…) Cela fait partie du déroulement normal de la vie. Quand on est jeune, on se demande ce que les vieux radotent quand ils s’efforcent de partager leur sagesse. Cela n’a pas de sens parce qu’être jeune, c’est quelque chose de vraiment spécifique. Dieu merci pour cela. Dieu merci pour les jeunes qui vont manifester contre le capitalisme rampant ou toute autre cause. »

Helen Mirren avoue son admiration pour Gérard Depardieu. Il dit un jour quelque chose qui changea la façon dont elle ressent le jeu d’acteur. Interrogé sur la manière dont il approche un rôle, Depardieu répondit : « je regarde le scénario. S’il dit « gangster », je joue un gangster ; s’il dit « épicier », je joue un épicier ». Mirren claque des mains. « Une lumière s’alluma dans mon cerveau. Je me dis « c’est cela, il suffit de jouer ce qui est dans le scénario ». J’ai appliqué cela depuis lors. Si le scénario dit « femme bouleversée, en colère, sort du lit sans maquillage », c’est cela que je joue. Je n’embrouille pas tout avec « quelle est l’histoire cachée de cette femme ? »

Dame Helen Mirren est marquée par son rôle dans « The Queen », qui lui valut  un Oscar. Quand elle joue une assassine retraitée dans le récent film d’action Red, ce n’est pas simplement Mirren qui sort un revolver de sous un bouquet de roses jaunes ou annonce allègrement « je tue des gens, mon cher » : c’est Sa Majesté qui le fait, aussi, remarque Ryan Gilbey.

Photo The Guardian : Helen Mirren

Le Foundling Museum à Londres

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Le Foundling Museum, non loin du British Museum à Londres, conserve le souvenir du Foundling Hospital qui, du dix huitième siècle au début du vingtième accueillit les enfants abandonnés.

Le musée conserve le souvenir des bienfaiteurs du Foundling Hospital, le philanthrope Thomas Coram, le peintre William Hogarth et le musicien George Friedrich Haendel.

L’exposition temporaire a pour titre « Threads of Feeling »,  fil de sentiments. Plus de quatre mille bébés furent abandonnés anonymement au Foundling Hospital entre 1741 et 1760. Ils partaient en nourrice à la campagne, puis revenaient dans l’institution pour recevoir une formation qui les conduisait le plus souvent à des positions de domestiques pour les filles, de soldats pour les garçons.

Une fiche signalétique était remplie pour chaque enfant. On y attachait un morceau du vêtement qu’il portait lors de son abandon, ou un message ou objet laissé par la maman. Bien que l’enfant fût adopté par l’Etat, on voulait que sa mère puisse le reprendre si sa fortune personnelle s’améliorait. Le tissu permettait de l’identifier.

Les pages du registre du Foundling Hospital sont profondément émouvantes car elles nous parlent de séparations déchirantes. Elles offrent aussi un vaste échantillon de textiles vieux de près de trois siècles et une précieuse source d’information pour les historiens.

Illustration : The Foundling Museum, exposition « Threads of Feeling », tissu brodé de fleurs et de feuilles attaché à la fiche signalétique d’un petit garçon admis le 25 août 1758.

La maison de Dickens à Londres

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Charles Dickens (1812 – 1870) vécut deux ans dans une maison de Londres, aujourd’hui consacrée à son souvenir.

Nous avons croisé deux fois les pas de Charles Dickens ces dernières semaines. Au théâtre, nous avons assisté à une adaptation de son roman « Les Grandes Espérances ». Au cinéma, le film « Au-delà » du réalisateur Clint Eastwood montre le personnage joué par Matt Damon faire un « break » dans sa vie et visiter à Londres la maison de son héros, Charles Dickens. Il contemple en particulier « le rêve de Dickens », un tableau de Robert W. Buss représentant le romancier endormi à la table de sa bibliothèque et songeant aux personnages qu’il a créé tout au long de sa carrière.

Dickens occupa une maison bourgeoise typiquement londonienne, 48 Doughty Street, dans l’arrondissement (borough) de Camden pendant les deux ans qui suivirent son mariage, de 1837 à 1839. Dans le musée qui y a été installé en 1925, on trouve de nombreux souvenirs, portraits de l’écrivain, meubles, manuscrits.

Dickens écrivait ses livres sous forme de feuilletons d’une trentaine de pages, ce qui permettait de faire grandir l’intérêt du public et aussi de tenir compte des réactions des lecteurs pour la rédaction des chapitres non encore publiés.

Illustration : Maison de Dickens à Londres, www.dickensmuseum.com

Universal studios

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Revoir la « Nuit Américaine » de François Truffaut m’a donné envie de reproduire mes notes de visite au parc d’attraction d’Universal Studios à Los Angeles, en août 2005.

Nous commençons la visite du parc d’attractions d’Universal Studios par le tour des studios. Le guide est installé à l’avant de la première voiture du train touristique et fait face  au public, à un tableau de commandes et à une caméra. Dans les voitures, des écrans reproduisent son image ou des extraits de films tournés dans les lieux par lesquels passe le train. Le guide nous prévient que, depuis un siècle, le cinéma a pour objectif de nous proposer des émotions, peur, larmes et rire. La visite nous montre comment on fabrique l’illusion à la racine de ces émotions. Le mot « fabrique » est d’ailleurs pertinent : les hangars d’Universal, comme ceux de Warner ou de Disney que l’on voit à leurs côtés au fond de la vallée, tiennent plus de l’usine que de l’atelier d’artiste.

Le tour est organisé de manière magistrale. Le train traverse des villages européens en carton-plâtre et en plastique où n’existent que les façades. Sur la place d’un village latino-américain, on nous montre comment on fait pleuvoir et un torrent dévale la rue jusqu’à nous. Plus loin, nous sommes dans une station de métro ravagée par un tremblement de terre qui provoque accidents et incendie. Nous traversons un pont qui se brise, passons à côté d’un lac océan infesté de requins. La vue du « fake blood » (sang postiche) me fait hurler de rire. Plus impressionnant encore, le train s’arrête dans un paysage urbain dévasté par l’écrasement d’un avion ; dans la carcasse éventrée de l’appareil, on voit les sièges des passagers et des bagages éparpillés.

Certaines attractions sont directement liées au cinéma, comme celle où l’on présente les effets spéciaux, la version 3D de Terminator ou encore Backdraft, qui fait voir la machinerie qui permet de déclencher et de contrôler un incendie incontrôlable à l’écran. Les structures qui semblent s’effondrer sont actionnées au millimètre près par des vérins, tout comme la passerelle sur laquelle sont placés les spectateurs qui, au plus fort de l’incendie, reçoit elle-même une secousse pour leur plus grande épouvante.

D’autres attractions utilisent simplement l’ambiance et le canevas de films, mais le cinéma n’est qu’un prétexte. Le spectacle « Waterworld » est magnifiquement mis en scène. Des chauffeurs de salle créent l’enthousiasme et arrosent généreusement les spectateurs assis sur les bancs classés « mouillés », des bons et des méchants se livrent bataille à bord d’hydroglisseurs et un hydravion amerrit face au public. Nous expérimentons aussi « Mummy », un train fantôme à grande vitesse dans le tombeau des Pharaons. Il fait très chaud, mais les files d’attente sont en permanence aspergées de vapeur d’eau. Il y a une foule immense – on parle de 5 millions de visiteurs par an – mais encadrée et gérée de manière professionnelle.

Nous nous rendons sur Hollywood Boulevard, observons les empreintes des stars sur l’esplanade du Théâtre Chinois et cherchons l’étoile de Tom Hanks que nous découvrons après des centaines de mètres d’errance vaine à la recherche d’un restaurant. Nous finissons par reprendre la voiture et dîner dans un restaurant grec recommandé par le Guide du Routard : le Joseph’s.

Photo : Universal Studios, Hollywood, www.universalstudioshollywood.com