Le Monde a publié le 7 août 2026 une tribune intitulée « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” ».
J’ai publié il y a quelques jours dans « transhumances » un article sur la loi Ripost sous le titre « Choc d’autorité ». Je ne percevais pas alors la situation particulière de ceux que les 19 associations signataires de la tribune nomment « les Voyageurs et Voyageuses ».
Voici quelques extraits de cette tribune. « La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des gens du voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

« Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les espaces d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du stationnement illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement (…)
« La loi Rispost « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », a trouvé une réponse indigne de la République. Elle introduit, dans un texte de lutte contre la délinquance, des dispositions qui criminalisent, stigmatisent et sanctionnent l’habitat et le mode de vie des Voyageurs. Les victimes de l’incurie de l’Etat et des pouvoirs publics sont ainsi désignées comme délinquants à combattre : les « gens du voyage » sont considérés globalement comme un « problème d’ordre public » (…)
« C’est pourquoi nous demandons la pleine reconnaissance et le respect des droits fondamentaux des Voyageurs, citoyens itinérants, notamment le droit d’habiter en cohérence avec notre mode de vie et de circuler librement dans notre propre pays à égalité de droit avec tous les citoyens français. Nous demandons aussi l’abrogation de l’article 5 de la loi Ripost, qui criminalise notre mode d’habitat et notre mode de vie. »
La commune de Carcans (Gironde) s’est trouvée confrontée cet été à la question de l’accueil des Voyageurs. Dans son édition du 8 juillet 2026, le quotidien Sud-Ouest a publié un article intitulé « plus d’une centaine de caravanes s’installent sur le terrain de sport. » On y lit qu’une communauté de gens du voyage regroupant environ 400 personnes a pris ses quartiers sur le terrain annexe du stade municipal de Carcans. Après une négociation entre le maire, Patrice Marchand, et les responsables du groupe, un protocole d’occupation temporaire a été signé.
Carcans fait partie, avec Hourtin et Lacanau, de la Communauté de communes des lacs médocains, qui a compétence pour l’application de la loi Besson. Dans un article du 22 juillet 2026, Sud-Ouest informe qu’un site a été identifié pour l’installation d’une aire de grand passage, pour l’accueil des Voyageurs pendant la période estivale. Les travaux de défrichement sont aujourd’hui bien avancés. Mais des riverains s’opposent au projet, faisant valoir que le site choisi se trouve à proximité d’une ancienne déchetterie, fermée en 1990, qui n’a jamais été dépolluée.
On trouvera sur tripland.fr un article intitulé « Gens du voyage en France : histoire, culture et réalités d’un mode de vie entre racines et routes », qui fournit des informations de qualité sur la réalité des Voyageurs et la législation mise en place pour leur accueil.

