France 5 a récemment diffusé un documentaire de Mireille Dumas intitulé « Hugues Aufray, l’éternel jeune homme ».
Le titre du film se réfère à l’exceptionnelle vitalité de cet homme qui se présente comme auteur, compositeur et interprète de chansons, ainsi que comme peintre et sculpteur. Il va fêter ses quatre-vingt-dix-sept ans et des concerts sont programmés pour les mois à venir.
« Tout ce que j’ai appris dans la vie, c’est dans la douleur. J’ai subi mais j’ai surmonté. » Hugues Aufray évoque ces enfantements dans la souffrance. Gravement dyslexique, il a vécu une enfance séparée et une scolarisation tardive. Attaché à une jeune employée chargée de prendre soin de lui, il a souffert lorsqu’elle a été écartée.
Sa plus grande souffrance reste la mort que se donna pour un chagrin d’amour, à l’âge de 27 ans, son frère Francesco, musicien et chanteur doué dont il aurait en quelque sorte usurpé le destin. Et puis il y eut des faillites successives, dues à des intermédiaires véreux ou incompétents qui l’ont ramené, dit-il avec philosophie, à la pauvreté inhérente à la condition d’artiste.
Mireille Dumas nous emmène chez Hugues Aufray à Marly le Roi, dans sa maison qui fut l’atelier du sculpteur Aristide Maillol. Parmi les bustes qu’il a sculptés, il montre avec fierté celui de Bob Dylan, son ami et la source de plusieurs de ses chansons, ainsi que celui de Murielle, la jeune femme qu’il a épousée il y a trois ans.
Les chansons d’Hugues Aufray, Santiano, Céline ou le Petit âne gris, sont aujourd’hui encore reprises par des gens de tout âge, y compris des enfants. Des écoles primaires portent son nom.
Elles constituent pour moi la bande son de mon adolescence. Lorsque le premier disque d’Hugues Aufray, Santiano, est sorti, en 1962, j’avais treize ans. J’étais impressionné par sa voix rauque, virile. Il parlait de la saison des amours, lorsque le printemps revient. Il évoquait les grands espaces du nouveau monde. Il amenait des sonorités d’Espagne et du Vénézuéla. Il partageait sa passion pour le cheval. Il militait contre le racisme aux côtés de Martin Luther King. Il annonçait le monde et les temps qui changent.


